La société civile du territoire de Pweto, dans la province du Haut-Katanga, dénonce l’occupation progressive des terres congolaises par un grand nombre de ressortissants zambiens dans le village de Watete, situé sur l’axe routier reliant Pweto à Moba, à environ 120 kilomètres de la zone concernée.
Selon des sources locales, plusieurs familles zambiennes auraient traversé la rivière Luapula, qui sépare la République démocratique du Congo et la Zambie, pour s’installer sur le territoire congolais sans être enregistrées auprès des services compétents de l’État congolais.
« Nous avons constaté une arrivée massive de populations zambiennes sur notre sol, notamment dans le village Watete. Certains de leurs enfants sont envoyés à Lubumbashi pour étudier, tandis que les parents restent ici pour pratiquer l’agriculture et cultiver du maïs exporté directement vers la Zambie. Cela ne profite ni aux Congolais de Pweto ni à ceux de Moba », explique une source locale.
La société civile s’inquiète également des conséquences sociales et sécuritaires que pourrait engendrer cette situation dans les années à venir. D’après les mêmes sources, plusieurs hommes zambiens épouseraient des femmes congolaises afin de faciliter leur intégration dans la région.
« Si l’État congolais ne réagit pas rapidement, la situation risque de devenir compliquée, comme ce que nous vivons actuellement dans l’Est du pays. Ces enfants pourraient un jour réclamer cette partie du territoire comme leur terre », ajoute notre source.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour demander l’intervention urgente des autorités provinciales et nationales afin de procéder à l’identification des populations installées dans cette zone frontalière et de renforcer le contrôle migratoire le long de la rivière Luapula.
Franck Yenga depuis Pweto
