Le lancement des travaux de réhabilitation de la Route nationale n°4, sur le tronçon Kisangani-Buta, est une excellente nouvelle. C'est un soulagement pour des milliers de citoyens qui, pendant des années, ont subi les conséquences d'une route impraticable.
Il faut avoir l'honnêteté de reconnaître que cette réalisation traduit la volonté politique du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de reconnecter les provinces et de reconstruire progressivement le pays.
Le Club d'Espoir pour le Développement Intégral (CEDI) a eu raison de remercier le Chef de l'État pour la matérialisation de cette vision. Les faits parlent d'eux-mêmes: les travaux sont lancés, les engins sont sur le terrain et le projet est désormais une réalité.
Mais une question me hante : pourquoi faut-il toujours attendre Kinshasa pour voir bouger les lignes à Kisangani ?
C'est cette interrogation qui nourrit mon indignation.
Pendant que le Président impulse des projets structurants, que font réellement certains décideurs provinciaux ? Depuis plusieurs années, les populations attendent des initiatives locales fortes, des politiques publiques ambitieuses et des solutions adaptées aux réalités de la Tshopo.
Au lieu de cela, nous assistons trop souvent à une politique de communication où l'on s'empresse de récupérer les réalisations venues d'en haut comme s'il s'agissait de ses propres performances. La politique ne peut pas se réduire à des séances de photographie, à des discours de circonstance ou à une présence systématique lors des inaugurations des projets financés par le Gouvernement central.
La province ne peut pas vivre éternellement de la seule volonté du Chef de l'État.
Chaque niveau de pouvoir possède des responsabilités clairement définies par la Constitution et les lois de la République. Gouverner une province, ce n'est pas attendre que Kinshasa décide de tout. C'est anticiper, planifier, innover, mobiliser les ressources locales et produire des résultats concrets pour les citoyens.
Pendant que le Président construit des routes nationales, combien de routes de desserte agricole relevant de la province ont été ouvertes ou entretenues ? Combien d'initiatives locales ont véritablement changé le quotidien des populations ? Combien de projets structurants sont nés d'une volonté provinciale plutôt que d'un financement venu du pouvoir central ?
Ces questions méritent des réponses honnêtes.
Le développement d'une province ne se mesure pas au nombre de communiqués publiés ni à la capacité de certains responsables à apparaître sur les photos officielles. Il se mesure à l'impact réel des politiques publiques sur la vie des citoyens.
Il est temps que cesse cette culture de l'appropriation politique des réalisations du Président de la République. Lorsque le Chef de l'État agit, il agit pour toute la Nation. Ceux qui exercent des responsabilités locales devraient plutôt démontrer, par leurs propres actions, qu'ils sont capables d'accompagner cette vision avec des initiatives locales ambitieuses.
La Tshopo mérite mieux que des discours.
Elle mérite des dirigeants qui créent de la valeur, qui prennent des initiatives, qui rendent compte de leur gestion et qui cessent de faire du paraître leur principale activité.
Le lancement de la RN4 doit servir d'électrochoc. Il rappelle qu'avec une volonté politique affirmée, les choses peuvent avancer.
La vraie question est désormais celle-ci : qui, au niveau provincial, prendra enfin ses responsabilités pour compléter l'action du Chef de l'État au lieu de se contenter de l'accompagner devant les caméras ?
Les citoyens observent.
Et l'histoire retiendra ceux qui auront construit, autant que ceux qui se seront simplement contentés d'applaudir.
