Le député national Trésor Limengo, élu du territoire d'Isangi, a profité du point de presse qu'il a animé ce lundi 3 Août à Kisangani pour lancer un cri d'alarme sur la persistance des tracasseries routières dans son fief électoral.
Devant les journalistes, l'élu a dénoncé la multiplication des barrières illégales, des perceptions sans fondement légal et des pratiques qu'il estime contraires à la mission des services de l'État.
Selon lui, les plaintes de la population reviennent avec insistance à chacune de ses vacances parlementaires dans son fief électoral. Il affirme avoir déjà saisi les autorités judiciaires, provinciales et nationales afin d'obtenir des mesures concrètes pour mettre fin à ce phénomène.
« Pendant nos vacances parlementaires, nous recueillons plusieurs doléances de la population. Nous sommes critiqués positivement comme négativement. Parmi les problèmes qui reviennent constamment figurent les tracasseries routières. J'ai déjà saisi l'auditeur supérieur, j'ai alerté les autorités provinciales ainsi que les autorités nationales. À chaque vacances parlementaires, je remets cette question sur la table. Je peux dire qu'Isangi dépasse aujourd'hui tous les territoires en matière de tracasseries. Sur chaque axe routier, il y a des barrières partout. Tous les 30 kilomètres, parfois tous les 10 kilomètres, on rencontre une nouvelle barrière. Ce sont des barrières illégales destinées à soutirer de l'argent à la population », a déclaré le député.
L'honorable Trésor Limengo a notamment pointé du doigt certaines perceptions qu'il juge irrégulières. Il a cité, à titre d'exemple, des taxes imposées aux cyclistes, dont les quittances sont délivrées sur des papiers de réemploi, sans garantie de transparence ni de crédibilité.
« On fait payer aux propriétaires de vélos entre 5 000 et 10 000 francs congolais et, en retour, on leur remet un simple papier de réemploi comme document. Ce n'est pas sérieux. On fait souffrir inutilement notre population », a-t-il dénoncé.
Trésor Limengo s'est également montré très critique à l'égard de certains éléments des forces de sécurité qu'il accuse de participer à ces pratiques au lieu d'assurer leur mission régalienne.
« Il y a des militaires, notamment des éléments des forces navales, qui quittent le fleuve pour venir s'installer sur les routes afin d'exiger 1 000, 2 000 ou 3 000 francs à chaque passant. En cas de résistance, certains usagers sont même frappés. Cette situation se répète dans plusieurs postes à travers le territoire d'Isangi. D'autres services, comme la PCR, sont également cités. Au lieu de contrôler les documents de bord, ils sont là pour tracasser la population », a-t-il regretté.
Le député a aussi dénoncé ce qu'il qualifie de « fameuse taxe de tourisme », perçue, selon lui, sans base légale. Face à cette situation, il a appelé les habitants d'Isangi à ne plus s'acquitter des prélèvements qu'il considère comme illégaux.
« J'ai demandé à tous les enfants d'Isangi de ne plus payer les taxes illégales, celles qui ne profitent ni à l'État congolais, ni à la province, ni au territoire. Nous disons non aux taxes illégales. Nous demandons aux responsables des services concernés de faire respecter uniquement les taxes prévues par la loi. Quant aux militaires et aux forces navales, qu'ils se consacrent à leur mission de sécuriser la population et qu'ils mettent définitivement fin aux tracasseries », a insisté Trésor Limengo.
Ces pratiques persistent alors que la province de la Tshopo dispose déjà d'un édit réglementant les barrières routières, adopté par l'Assemblée provinciale. Un édit qui souffre d'application.
Rédaction.
