Les eaux congolaises sont devenues le théâtre de drames à répétition. Alors que plusieurs familles pleurent encore leurs proches disparus dans de récents naufrages, une initiative parlementaire consacrée à la sécurité de la navigation attend toujours son examen en plénière à l’Assemblée nationale.
Il s’agit de la question orale avec débat de l’honorable Fontaine Mangala, député national élu de Kisangani, adressée au vice-Premier ministre, ministre des Transports et Voies de communication, Jean-Pierre Bemba Gombo. Déposée le 20 mars 2026, elle vise notamment à obtenir des explications sur les causes des naufrages et les mesures prises pour renforcer la sécurité des voyageurs sur les fleuves, rivières et lacs de la RDC.
Intervenant il y a quelques jours sur Radio Okapi, l’honorable Fontaine Mangala a rappelé les motivations de sa démarche : « Le fleuve Congo et les différents lacs sont devenus pratiquement des mouroirs pour le peuple congolais lorsque vous voyez de 2025 en début 2026, sur le fleuve Congo, nous avons perdu près de 1000 compatriotes. »
L’élu poursuit : « Lorsque vous voyez tout ça, vous vous dites, est-ce que ce secteur est-il administré ? Est-ce que ce secteur a un responsable ? Vous vous dites ,il faut qu'il ait quelqu'un qui vient répondre de tout ce que nous connaissons comme dégâts »
Ces dernières semaines, plusieurs drames ont frappé les voies navigables congolaises. Sur le fleuve Congo, à Lukolela, une collision entre deux embarcations a fait au moins 26 morts et 82 disparus, tandis que 55 personnes ont été secourues. Sur le lac Kivu, un autre naufrage sur l’axe Bukavu–Idjwi a fait au moins 12 morts, avec plusieurs disparus. Sur le lac Tanganyika, un naufrage a également fait état de plus de 40 personnes portées disparues.
Une succession de catastrophes qui relance les interrogations sur le contrôle des embarcations, la surcharge, les conditions de navigation et les dispositifs de secours.
Dans sa démarche, Fontaine Mangala demande notamment au VPM Jean-Pierre Bemba de s’expliquer sur le contrôle et l’inspection des embarcations, la surcharge, les statistiques des naufrages, les mécanismes de secours ainsi que la conformité entre les manifestes et le nombre réel de passagers transportés.
Mais alors que les naufrages continuent d’endeuiller des familles, sa question orale avec débat attend toujours son alignement en plénière, au grand étonnement de nombreux observateurs.
Dans ce contexte, son examen permettrait à la représentation nationale d’obtenir des réponses du gouvernement et de débattre des mesures nécessaires pour renforcer durablement la sécurité du transport fluvial et lacustre en RDC.
Rédaction
