Le 18 février 2026 marque le vingtième anniversaire de la promulgation de la Constitution de la République démocratique du Congo et de l’avènement de la Troisième République, intervenue après une longue période de transition jalonnée par des répressions politiques, des guerres de rébellion et des conflits d’agression.
À cette occasion, le mouvement citoyen Filimbi dresse un bilan critique de l’application de la Loi fondamentale. Après quatre cycles électoraux, l’organisation constate que la Constitution « peine à être respectée dans toute sa rigueur ». Selon ses responsables, elle est régulièrement violée et demeure exposée à des tentatives de révision ou de changement qu’ils estiment motivées par des intérêts politiques particuliers.
« Notre Constitution est aujourd’hui un pacte de cohésion nationale. Malheureusement, elle est menacée par des projets de révision ou de changement qui ne favorisent pas le peuple dans ses conditions sociales », a déclaré Christophe Muyisa, coordonnateur chargé du réseau au sein du mouvement Filimbi.
Il rappelle toutefois que « le peuple congolais reste attaché à cette Constitution qui garantit les libertés citoyennes, la répartition équitable des ressources et la défense de l’intégrité territoriale », tout en déplorant ce qu’il qualifie d’incapacité des dirigeants à mettre en œuvre les dispositions constitutionnelles.
Dans un contexte sécuritaire marqué par des tensions persistantes dans l’Est du pays, Filimbi appelle les autorités au respect des principes fondamentaux, notamment l’intégrité territoriale, la souveraineté nationale, le respect des délais constitutionnels, la réduction du train de vie des institutions conformément à l’article 58, ainsi que la promotion du vivre-ensemble, de la justice et du fonctionnement harmonieux des institutions.
Malgré les controverses autour de sa mise en œuvre, le mouvement souligne que la population demeure profondément attachée aux valeurs républicaines et démocratiques. Elle plaide pour le respect intégral de la Constitution, en particulier en matière de droits humains, de libertés publiques, de séparation des pouvoirs, de répartition équitable des ressources et de limitation du nombre et de la durée des mandats.
Vingt ans après sa promulgation, la Constitution congolaise est ainsi présentée par les acteurs de la société civile comme un contrat social et un socle de cohésion nationale dont l’application effective reste un défi majeur pour la consolidation de l’État de droit en RDC.
Franck Yenga
