L’Assemblée nationale a examiné, mardi 7 avril 2026, les projets de loi relatifs à la ratification d’un accord de prêt conclu entre la République démocratique du Congo et la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA).
Au cœur de cette séance, un débat parlementaire soutenu s’est tenu, marqué par l’intervention du député national, le Professeur Patrick Matata Makalamba, élu de Kisangani, membre de la commission économique et financière et du groupe parlementaire Peuple Souverain. Dans une prise de parole remarquée, l’élu a défendu avec vigueur la nécessité d’adopter ces textes à l’unanimité.
Transformant son intervention en véritable plaidoyer politique, Patrick Matata Makalamba a appelé à une reconfiguration des priorités nationales, en plaçant l’agriculture au centre de l’action publique.
L’accord de prêt, signé le 5 novembre 2025, porte sur un financement de 16 millions de dollars destiné au Projet d’Implantation des Incubateurs des Petites et Moyennes Entreprises dans le secteur agricole (PIIPME), présenté par le gouvernement comme un levier de transformation du tissu économique rural.
D’emblée, le député de Kisangani a salué des textes « bienvenus et hautement stratégiques ». Mais au-delà de cet appui, il a livré une lecture politique du développement agricole, insistant sur son rôle structurant dans la stabilité nationale.
« L’agriculture n’est pas un secteur parmi d’autres. Elle est au centre de notre stabilité sociale et économique », a-t-il martelé, rappelant que la majorité de la population congolaise dépend directement de cette activité.
À travers cette intervention, l’élu a implicitement interpellé l’exécutif sur la nécessité d’un engagement plus cohérent et structuré en faveur du monde rural.
Pointant les faiblesses persistantes du secteur, Patrick Matata Makalamba a notamment évoqué le déficit en infrastructures, qu’il a qualifié de « véritable goulot d’étranglement ».
Une manière de souligner les limites des politiques publiques actuelles et de plaider pour une meilleure efficacité dans l’utilisation des financements.
Pour lui, l’enjeu dépasse la simple mobilisation des ressources : il s’agit surtout d’en garantir l’impact à travers une coordination institutionnelle renforcée.
Le député a également insisté sur la portée stratégique du PIIPME en matière d’intégration économique. En facilitant les échanges entre provinces notamment entre le Grand Kasaï, le Maniema et l’Ouest du pays ce programme pourrait contribuer à réduire les déséquilibres territoriaux.
« Le Kasaï pourra produire et écouler facilement vers le Kivu, et inversement », a-t-il expliqué, esquissant les contours d’un marché intérieur plus fluide et mieux structuré.
S’exprimant au nom du groupe parlementaire Peuple Souverain, Patrick Matata Makalamba a ainsi appelé à la recevabilité et à l’adoption rapide de ces projets de loi.
Dans la foulée, il a recommandé au gouvernement d’associer davantage les ministères sectoriels, notamment ceux en charge de l’Agriculture et du Développement rural, afin d’assurer une mise en œuvre efficace et coordonnée.
En conclusion, l’élu de Kisangani a réaffirmé l’engagement de son groupe parlementaire en faveur du développement intégral de la République démocratique du Congo.
Rédaction
