Au lendemain de sa sortie de prison, la famille du professeur et magistrat Jean-Claude Pandatimu Big wa Ganga a fait une mise au point à la presse, dénonçant ce qu’elle qualifie de « persécution judiciaire et institutionnelle » visant l’ancien président du Tribunal de commerce de Kisangani.
Dans ce document lu à la presse ce 23 mai 2026, la famille du professeur de la Faculté de droit de l’Université de Kisangani dresse le portrait d’un homme qu’elle présente comme victime « d’acharnement », de « manipulation » et de « violations flagrantes des principes de l’État de droit ».
Condamné le 26 octobre 2023 dans une affaire mêlant accusations d’arrestation arbitraire et de détention illégale, Jean-Claude Pandatimu a été libéré le vendredi 22 mai 2026 après avoir purgé une grande partie de sa peine. Sa famille estime toutefois que cette condamnation demeure « irrégulière » et « juridiquement contestable ».
Au cœur de leur argumentaire figure l’article 372 d’une loi promulguée en 2023, que les proches du magistrat accusent le parquet d’avoir volontairement écarté durant la procédure judiciaire. Selon eux, cet article autoriserait explicitement la captation d’images lorsqu’il s’agit de documenter une infraction.
La famille rétablit ainsi sa version des faits en soutenant que la vidéo controversée ayant déclenché l’affaire montrant l’ex-épouse du magistrat lors d’une intervention policière avait été réalisée dans le seul but de constituer une preuve judiciaire dans le cadre de l’exécution d’un jugement de divorce.
Au-delà du volet judiciaire, la famille Pandatimu voit dans cette affaire une offensive dirigée contre les fonctions exercées par le professeur-magistrat. Elle évoque un climat de « jalousie », «d’instrumentalisation » et de « machinations » apparu après sa nomination à la tête du Tribunal de commerce de Kisangani par le président Félix Tshisekedi.
Le texte accuse également certains acteurs d’avoir manipulé l’opinion publique en présentant les officiers de police judiciaire visibles dans la vidéo comme de prétendus gardes du corps personnels du magistrat.
La famille dénonce notamment le rôle joué par un communiqué attribué à l’ancien ministre des Droits humains, Albert Fabrice Puela, estimant que ce document, « dépourvu de valeur normative », aurait influencé la procédure judiciaire. L’APUKIS salue une « victoire collective »
Dans la foulée de cette libération, l’Association des professeurs de l’Université de Kisangani (APUKIS) a exprimé sa satisfaction. Son président, le professeur Jean-Pierre Lifoli, parle d’une « grande mobilisation » ayant réuni universitaires, société civile et Église catholique autour de la cause de leur collègue.
« C’est une joie pour nous. Nous avons mené une lutte pour obtenir sa libération », a-t-il déclaré, saluant l’implication des enseignants, des organisations citoyennes et des proches du magistrat.
Mais pour l’APUKIS, la sortie de prison ne marque pas la fin du combat. L’organisation estime que Jean-Claude Pandatimu doit désormais bénéficier d’un accompagnement médical, psychologique et social après plusieurs mois de détention.
« Pour nous enseignants, notre capital, c’est le cerveau », a insisté Jean-Pierre Lifoli, évoquant les traumatismes subis par son collègue et la nécessité de lui permettre de retrouver progressivement ses capacités avant une éventuelle reprise de ses activités académiques et judiciaires.
Par ailleurs, la famille annonce qu’un point de presse sera prochainement organisé par le professeur-magistrat lui-même. Celui-ci promet d’y revenir en détail sur ce qu’il considère comme une « persécution orchestrée » contre sa personne.
Il sied de noter qu’au cours de ce point de presse, treize (13) thèmes devraient structurer cette prise de parole, parmi lesquels : l’analyse de la vidéo au cœur du dossier, les « machinations » internes et externes qu’il dénonce, ses conditions de détention, la lutte contre la désinformation ainsi qu’un témoignage personnel à caractère spirituel.
Rédaction
