Dans un contexte sécuritaire encore fragile, le Bureau des Inspecteurs des droits de l’homme de la Tshopo met en garde contre toute initiative politique susceptible de fragiliser les réformes en cours au ministère de l’Intérieur.
Réunis en urgence lundi 13 avril 2026 pendant la soirée à Kisangani, les membres du Bureau des Inspecteurs des droits de l’homme ont pris position sur l’actualité politique nationale.
Dans une déclaration ferme, ils expriment leur préoccupation face à la motion de défiance initiée par le député national Laddy Yangotikala contre le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.
S’ils reconnaissent le caractère légitime du contrôle parlementaire dans un État de droit, les Inspecteurs insistent toutefois sur la nécessité de l’exercer « avec responsabilité, objectivité et dans le respect de l’intérêt supérieur de la Nation ».
Au cœur de leur argumentaire : les réformes engagées par Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, jugées « ambitieuses » et adaptées aux défis sécuritaires et institutionnels du pays. Selon eux, plusieurs avancées significatives sont déjà perceptibles sur le terrain grâce à Jacquemain Shabani Lukoo.
Dans la province de la Tshopo, notamment, les efforts de pacification du conflit intercommunautaire entre Mbole et Lengola sont cités comme un exemple concret. Le forum de paix, de réconciliation et de développement organisé sous l’égide du ministère de l’Intérieur a permis la signature d’un pacte de paix, contribuant à restaurer progressivement le vivre-ensemble.
Sur le plan sécuritaire, l’opération Ndobo, déployée dans plusieurs villes dont Kisangani, est également saluée. Grâce à la dotation en véhicules tout-terrain au profit de la Police nationale congolaise, une réduction sensible de l’insécurité est observée, selon les Inspecteurs des droits de l’homme de la Tshopo.
Autre chantier structurant : la réforme de la Police nationale congolaise. Le projet de loi de programmation 2026-2030 prévoit le recrutement de 90 000 nouveaux policiers sur cinq ans, la mise à la retraite de 10 000 policiers ainsi qu’un renforcement des capacités opérationnelles à travers la formation et l’équipement.
Dans cette dynamique, la réhabilitation de l’école de police de Kapalata, à Kisangani, ainsi que les premières vagues de recrutement et de formation à Kasangulu et Kapalata, sont présentées comme des signaux concrets de mise en œuvre.
À cela s’ajoutent des avancées sur le plan administratif, avec la dotation en moyens de mobilité aux administrateurs des territoires de la Grande Orientale, permettant de rapprocher l’administration des populations.
Enfin, la mise en place des comités provinciaux et locaux de sécurité, intégrant la participation citoyenne, est perçue comme une évolution notable vers une gouvernance sécuritaire de proximité.
Dans ce contexte, le Bureau des Inspecteurs des droits de l’homme appelle à une lecture « objective, responsable et dépassionnée » des actions entreprises, loin de toute instrumentalisation politique.
« Toute initiative susceptible de fragiliser les efforts en cours doit être évitée », préviennent-ils, insistant sur la nécessité de préserver la stabilité institutionnelle dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires persistants.
Les Inspecteurs rappellent que la consolidation de la paix et la stabilité du pays relèvent d’une responsabilité collective impliquant institutions, élus et citoyens.
Ils exhortent enfin l’ensemble de la classe politique à privilégier l’intérêt général, le respect des institutions et la continuité des réformes engagées.
Rédaction
