Dans un contexte national marqué par des tensions sécuritaires persistantes et une crise de confiance entre gouvernants et citoyens, la question d’une révision ou d’un changement de la Constitution en République démocratique du Congo suscite une vive controverse.
Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une initiative jugée inopportune, alors que le pays fait face à des défis majeurs, notamment dans l’Est.
Parmi ces voix critiques figure Christophe Muyisa, jeune citoyen et activiste pro-démocratie du mouvement citoyen Filimbi, qui est récemment sorti de son silence pour interpeller directement le régime du président Félix Tshisekedi. Dans une déclaration, il appelle les autorités à renoncer à tout projet de révision ou changement constitutionnelle et à se concentrer sur les priorités nationales.
Selon Christophe, la campagne en faveur de ce projet, portée par certains acteurs politiques, religieux et médiatiques, relèverait d’une « manipulation de masse » alimentée par des intérêts économiques, des ambitions personnelles et des considérations tribalo-ethniques. Il estime que cette dynamique instrumentalise les souffrances de la population dans un contexte de guerre, en les transformant en levier de propagande politique.
L’activiste met également en garde contre les conséquences d’une telle initiative. Il évoque notamment le risque d’une aggravation des divisions sociales dans plusieurs régions du pays, dont les provinces du Kivu, du Katanga, du Maï-Ndombe ainsi que la ville de Kinshasa. À ses yeux, une réforme constitutionnelle dans le climat actuel pourrait exacerber les tensions déjà existantes.
Christophe Muyisa souligne aussi que ce projet pourrait encourager la formation d’alliances politiques de circonstance, motivées principalement par l’opposition à cette réforme, et non par une vision commune de gouvernance. Une telle configuration risquerait, selon lui, de fragiliser davantage la scène politique nationale.
Par ailleurs, il alerte sur un possible affaiblissement des institutions de la République, notamment le Parlement, déjà confronté à une crise de confiance avec la population. Enfin, dans un contexte marqué par la présence de groupes armés dans certaines zones de l’Est, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, il estime qu’un changement constitutionnel pourrait être perçu comme une forme de légitimation indirecte des revendications rebelles.
Franck YENGA
