Le mouvement citoyen FILIMBI a vivement réagi à l’adoption, mardi 9 juin 2026, de la loi portant organisation du référendum ainsi qu’aux récentes initiatives parlementaires liées à la réforme constitutionnelle.
Dans un communiqué rendu public ce mercredi 10 juin, l’organisation estime que ces développements constituent une menace sérieuse pour l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique en République démocratique du Congo.
Pour FILIMBI, cette date restera « une date sombre dans l’histoire de la République ». Le mouvement accuse la majorité au pouvoir d’avoir fait adopter dans la précipitation une loi référendaire qui donnerait au Président de la République la possibilité de convoquer un référendum, tout en mettant en place un mécanisme institutionnel susceptible de favoriser une révision constitutionnelle sans véritable débat national.
L’organisation citoyenne affirme que le mandat du président Félix Tshisekedi prend fin en 2028 et estime que plusieurs signaux laissent craindre une volonté de contourner les dispositions constitutionnelles encadrant l’exercice du pouvoir. FILIMBI soutient notamment que l’article 220 de la Constitution, qui consacre la limitation du nombre de mandats présidentiels, demeure intangible et ne peut faire l’objet ni d’une révision ni d’un référendum.
« Félix Tshisekedi n’aura pas de troisième mandat », martèle le mouvement dans son communiqué, considérant qu’une éventuelle remise en cause de cette disposition constituerait une violation de l’ordre constitutionnel.
FILIMBI rejette également l’argument de la « volonté populaire » souvent avancé dans le débat sur les réformes institutionnelles. Selon l’organisation, le peuple congolais n’a jamais exprimé le souhait de supprimer ou d’affaiblir la limitation des mandats présidentiels.
Le mouvement rappelle par ailleurs les prises de position de l’actuel chef de l’État lorsqu’il s’opposait aux initiatives attribuées à l’ancien président Joseph Kabila, qu’il qualifiait alors de « coup d’État constitutionnel ». FILIMBI estime qu’un changement de cap sur cette question constituerait une contradiction majeure.
Face à ce qu’il qualifie de « dérive institutionnelle », le mouvement citoyen appelle les différentes institutions à jouer pleinement leur rôle. Il demande à la Cour constitutionnelle de garantir le respect de la Constitution en toute indépendance, au Sénat de ne pas soutenir des initiatives susceptibles de remettre en cause l’ordre constitutionnel, et aux partenaires internationaux de se prononcer clairement contre toute modification des principes jugés intangibles.
FILIMBI invite également les forces vives de la nation, tant à l’intérieur du pays qu’au sein de la diaspora, à rester mobilisées pour la défense de l’État de droit et de l’alternance démocratique.
« Le peuple congolais a payé un prix trop élevé pour la démocratie et l’alternance pour accepter qu’elles soient sacrifiées sur l’autel des ambitions personnelles », conclut le communiqué.
Franck Yenga
