Les mouvements citoyens Filimbi et la Lutte pour le Changement (LUCHA) ont vivement condamné la répression du sit-in organisé ce vendredi 12 juin à Kinshasa par l’opposition et plusieurs organisations de la société civile contre un éventuel changement de la Constitution.
Dans des communiqués distincts publiés après les événements, les deux organisations dressent un bilan provisoire faisant état d’au moins deux morts, de plusieurs blessés et de nombreuses arrestations. Parmi les personnalités politiques touchées figurent notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sessanga et Ados Ndombasi.
Pour Filimbi, les événements survenus ce vendredi dépassent le cadre d’un simple maintien de l’ordre. Le mouvement affirme que la Police nationale congolaise aurait agi en coordination avec la « Force du Progrès », un groupe présenté comme proche du pouvoir. Une situation que l’organisation qualifie de particulièrement grave, estimant qu’elle traduit une instrumentalisation de groupes partisans dans la répression de citoyens exerçant leur droit à manifester.
« Réprimer des citoyens ainsi que des responsables politiques dans l’exercice de leur droit constitutionnel à la manifestation pacifique constitue une violation grave des libertés fondamentales », souligne Filimbi, qui assure documenter les faits et recueillir des éléments de preuve en vue d’éventuelles poursuites judiciaires.
De son côté, la LUCHA dénonce une « répression sanglante » et évoque des manifestants blessés par balles, des arrestations arbitraires ainsi que des actes de vandalisme visant plusieurs sièges de partis politiques de l’opposition, notamment aux abords du Palais du Peuple et sur l’avenue de l’Enseignement.
Le mouvement citoyen s’inquiète également des images relayées sur les réseaux sociaux montrant, selon lui, des policiers opérant aux côtés de membres de la « Force du Progrès » lors d’interventions contre le siège de l’ECiDé. La LUCHA estime qu’une telle collaboration, si elle est avérée, serait incompatible avec les principes de neutralité et de professionnalisme attendus des forces de sécurité dans un État de droit.
Face à cette situation, les deux organisations réclament l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités dans les décès, les blessures, les arrestations et les actes de vandalisme signalés. La LUCHA exige également la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées lors de la manifestation.
S’adressant au président Félix Tshisekedi, Filimbi appelle à la cessation immédiate de toute forme d’intimidation contre les voix dissidentes et demande l’abandon public de tout projet de modification constitutionnelle visant un éventuel troisième mandat. La LUCHA estime pour sa part que l’opposition à un tel projet relève d’un droit garanti par la Constitution et rappelle les dispositions de l’article 64 relatives à la défense de l’ordre constitutionnel.
Franck Yenga
