À l’issue de sa 66ᵉ session extraordinaire tenue du 4 au 7 juin 2026 à Kinshasa, l’Église du Christ au Congo (ECC) est sortie de sa réserve sur l’épineuse question de la révision ou du changement de la Constitution du 18 février 2006, qui divise la classe politique.
Dans un contexte politique marqué par une forte polarisation entre la majorité au pouvoir et l’opposition, cette confession religieuse plaide pour la prudence, le respect de la légalité et la recherche d’un consensus national.
L’ECC constate que le débat constitutionnel a créé une fracture visible au sein de la société congolaise. D’un côté, la majorité présidentielle, soutenue par certains acteurs de la société civile et des confessions religieuses, défend l’idée d’une réforme de la Loi fondamentale. De l’autre, l’opposition rejette catégoriquement toute initiative visant à modifier la Constitution actuelle.
Pour l’Église protestante, cette confrontation politique intervient dans un climat déjà fragilisé par l’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Une situation qui, selon elle, pourrait exposer le pays à des tensions susceptibles de l’éloigner du cadre normal de l’exercice démocratique.
Une position d’équilibre entre héritage historique et souveraineté populaire
Dans son analyse, l’ECC rappelle que la Constitution de 2006 demeure le fruit d’un large consensus national obtenu après de longues années de conflits armés et de crises politiques. À ses yeux, ce texte constitue un véritable pacte républicain ayant permis de consolider l’État de droit et la séparation des pouvoirs.
Cependant, l’ECC souligne également que toute constitution reste une œuvre humaine susceptible d’être améliorée. Elle rappelle ainsi que le peuple congolais, détenteur de la souveraineté conformément à l’article 5 de la Constitution, conserve le droit de se prononcer sur d’éventuelles réformes institutionnelles, pour autant que celles-ci résultent d’un consensus national et respectent les mécanismes prévus par la loi.
Sans soutenir ni rejeter de manière catégorique l’idée d’une réforme constitutionnelle, l’ECC établit néanmoins des préalables qu’elle juge indispensables.
Premièrement, toute initiative de révision devra se conformer strictement aux dispositions constitutionnelles en vigueur, notamment celles contenues dans les articles 5, 218, 219 et 220.
Deuxièmement, elle exige l’instauration d’un cadre politique apaisé reposant sur un dialogue démocratique national et inclusif, capable de rassembler l’ensemble des forces vives de la nation autour d’une vision commune de l’avenir du pays.
Privilégier « l’arbre à palabre » pour préserver l’unité nationale
Par la voix de son président national, le révérend docteur André-Gédéon Bokundoa-Bo-Likabe, et du secrétaire général, Mgr Gabriel Unda, l’ECC invite les acteurs politiques à abandonner les postures de confrontation et à privilégier la concertation.
L’Église appelle ainsi les dirigeants, les opposants et les différentes composantes de la société à renouer avec la culture du dialogue et du compromis, symbolisée par « l’arbre à palabre », afin de préserver la cohésion nationale et d’éviter que le débat constitutionnel ne devienne une source supplémentaire de division.
Rédaction.
