Face à la progression inquiétante de l'épidémie d'Ebola dans l'Est de la République démocratique du Congo et à la place stratégique qu'occupe la ville de Kisangani, la Division provinciale de la santé ( DPS) de la Tshopo, avec l'appui de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), appelle la population ainsi que les professionnels des médias à une mobilisation totale afin d'endiguer rapidement la propagation du virus dans le chef-lieu de la province.
Pour cette agence onusienne et la DPS, seule une communauté bien informée, vigilante et pleinement engagée permettra de rompre la chaîne de transmission d'Ebola.
C'est le principal message délivré ce dimanche 19 juillet lors d'un briefing organisé au centre Monaco de l'Université de Kisangani par la Division provinciale de la santé de la Tshopo, avec l'appui de l'OMS.
Cette rencontre visait à associer les journalistes à la riposte en les invitant à diffuser des informations fiables, à sensibiliser les communautés et à lutter contre l'infodémie ainsi que les rumeurs qui alimentent la peur et compromettent les efforts des équipes de riposte.
Le coordonnateur terrain des urgences de l'OMS/Tshopo, Dr Amos Ebondo, a au cours de son intervention, rappelé la gravité de la situation, soulignant que l'épidémie progresse rapidement et touche désormais la province de la Tshopo.
« Pour la première fois, cette épidémie nous menace sérieusement ici à la Tshopo. Elle progresse tellement vite que les moyens que nous déployons semblent courir derrière elle. Nous devons unir toutes nos forces : les médecins, les communicateurs, les journalistes et la population. C'est ensemble que nous pourrons vaincre Ebola. », a-t-il déclaré.
Il a indiqué qu'en moins de trois mois, plus de 2 400 cas confirmés ont été recensés dans cinq provinces du pays. L'Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie, suivie du Nord-Kivu, du Haut-Uélé, de la Tshopo et du Sud-Kivu, où la situation a été rapidement maîtrisée grâce à une forte implication communautaire.
Selon lui, la lutte contre Ebola ne se gagnera pas uniquement dans les centres de traitement. Elle dépend avant tout de la capacité de la population à reconnaître les signes de la maladie, à signaler rapidement les cas suspects et à appliquer rigoureusement les mesures de prévention.
Dr Amos Ebondo a également révélé que la Tshopo a déjà enregistré cinq cas confirmés, tous importés de la province de l'Ituri. Il a toutefois averti que d'autres personnes infectées pourraient encore se trouver dans la communauté sans avoir été détectées.
Les équipes de surveillance assurent un suivi quotidien des personnes ayant été en contact avec les malades afin d'empêcher l'apparition de nouveaux foyers de contamination.
Le coordonnateur terrain des urgences de l'OMS Tshopo a particulièrement insisté sur l'importance de la détection précoce, qu'il considère comme la clé pour sauver des vies.
« Ebola existe, mais Ebola peut être vaincu. Aujourd'hui, lorsqu'un malade est détecté à temps, il peut être pris en charge et guérir. Dès les premiers symptômes, il faut consulter immédiatement un personnel de santé. Plus on attend, plus les chances de survie diminuent. », a-t-il averti.
Pour l'OMS et la DPS, les médias constituent aujourd'hui un maillon essentiel de la riposte. En relayant des informations exactes et en combattant les fausses nouvelles, ils peuvent favoriser l'adhésion de la population aux mesures sanitaires et renforcer la confiance envers les équipes de riposte.
« Nous ne sommes pas ici pour vous donner un cours académique. Nous voulons orienter votre travail vers un objectif commun : aider la population à comprendre les risques, à adopter les bons comportements et à collaborer avec les équipes de riposte. Une population bien informée est notre meilleure arme contre Ebola. »
Elles ajoutent que, la victoire contre Ebola dépendra avant tout de l'engagement collectif de la population, des médias et de tous les acteurs impliqués dans la riposte.
Rédaction.
