Le sénateur congolais Salomon Kalonda Idi Della a plaidé pour une réforme profonde des systèmes électoraux africains lors de la cinquième session du Forum parlementaire sur le renseignement et la sécurité, organisée à Addis-Abeba autour du thème « Intégrité territoriale et démocratie en Afrique ».
Dans son intervention, l'élu a estimé que de nombreux pays africains continuent de faire face à un décalage entre l'expression du vote populaire et son respect effectif. Prenant la République démocratique du Congo comme exemple, il a soutenu que, malgré son important potentiel, le pays peine encore à garantir que la volonté exprimée dans les urnes se traduise pleinement dans l'exercice du pouvoir.
Revenant sur plus de trente ans de processus électoraux sur le continent, Salomon Kalonda a rappelé que plusieurs scrutins organisés depuis les années 1990 ont été contestés, parfois accompagnés de violences et de crises institutionnelles. Selon lui, la confiance des citoyens demeure le fondement de toute démocratie crédible.
Le sénateur a également mis en avant le rôle des services de renseignement dans la préservation de l'intégrité des élections. Il a affirmé qu'un appareil de sécurité soumis au contrôle démocratique constitue une garantie pour la transparence électorale, tandis qu'un service utilisé au profit du pouvoir en place représente un risque pour la démocratie.
Par ailleurs, il a identifié deux principales faiblesses affectant la crédibilité des élections en Afrique : le manque d'indépendance de certaines commissions électorales et l'implication des ministères de l'Intérieur dans l'organisation des scrutins, alors qu'ils sont souvent liés aux gouvernements candidats. Il a également dénoncé le manque de transparence autour des fichiers électoraux et de la proclamation des résultats.
En conclusion, le proche de l'opposant Moïse Katumbi a critiqué ce qu'il a qualifié d'« hypocrisie démocratique » de la communauté internationale, l'accusant de condamner les dérives électorales et les révisions constitutionnelles favorisant le maintien au pouvoir de certains dirigeants, tout en poursuivant ses relations politiques et économiques avec les régimes concernés.
Franck YENGA
