L'intervention musclée de la police contre des médecins en sit-in devant l'Hôtel du Gouvernement, à Kinshasa, continue de susciter une vague d'indignation à travers le pays.
Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montre des professionnels de santé, vêtus de leurs blouses blanches, brutalisés et aspergés d'eau par les forces de l'ordre alors qu'ils réclamaient leur alignement à la prime de risque. Ces médecins, qui manifestaient pacifiquement le mardi 14 juillet pour revendiquer le respect de leurs droits, ont été dispersés par les policiers dans des conditions jugées humiliantes par de nombreux observateurs.
Parmi les voix qui ont fermement condamné cet acte figure celle du député national Laddy Yangotikala, élu de Kisangani et médecin de profession. Invité sur le plateau de Télé 50, il a dénoncé avec vigueur le traitement réservé à ses confrères tout en appelant le gouvernement à présenter des excuses publiques à l'ensemble de la corporation médicale.
L'élu de Kisangani a rappelé les sacrifices consentis chaque jour par les médecins au service de la population, souvent au péril de leur vie. Il a notamment évoqué le cas d'un jeune médecin formé dans la même université que lui, décédé en Ituri après avoir servi la nation sans jamais bénéficier de la prime de risque qu'il réclamait.
« Madame la Première ministre, avec tout le respect que je vous dois, je demande au gouvernement de présenter des excuses aux médecins qui ont été bastonnés. Ces hommes et ces femmes ont consacré leur jeunesse à se former pour sauver des vies. Ils méritent le respect, pas l'humiliation. Voir des policiers asperger d'eau ceux qui soignent leurs femmes, leurs enfants et leurs familles est profondément choquant. Je parle aujourd'hui non pas comme député national, mais comme médecin. Le médecin doit être traité avec dignité. Nous avons prêté le serment d'Hippocrate et nous soignons sans distinction. Même si le gouvernement ne pouvait pas répondre immédiatement à leurs revendications, la moindre des choses était de les écouter et de les traiter avec respect. Dans un contexte marqué par la résurgence d'Ebola, alors que des médecins sont déjà en grève à Kisangani, de tels actes risquent d'aggraver davantage la crise sanitaire. »
Pour l'honorable Laddy Yangotikala, la dignité de la profession médicale ne saurait être bafouée, quelles que soient les circonstances. Il estime que le dialogue reste la seule voie responsable pour répondre aux revendications des médecins, préserver un climat de confiance et garantir la continuité des soins au bénéfice de la population.
Rédaction.
