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RDC : « La jeunesse n’est pas le problème, elle est la solution », Plamedi Bamatafe appelle les jeunes à briser les chaînes de la manipulation politique

Rédaction
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La jeunesse congolaise doit cesser d’être considérée comme une simple bénéficiaire des politiques publiques ou un instrument de mobilisation politique. 

C’est l’un des principaux messages développés par Plamedi Bamatafe, activiste des droits civiques et politiques au sein du Mouvement Citoyen Patriotisme Oblige, dans une tribune consacrée au rôle de la jeunesse dans la prévention et la résolution des conflits en République démocratique du Congo.

Intitulée « La jeunesse congolaise, actrice de la prévention et de la résolution des conflits en République démocratique du Congo », cette tribune dresse un constat préoccupant de la situation du pays, marqué, selon son auteur, par les conflits armés, les tensions communautaires, les violences urbaines et la désinformation.

Pour Plamedi Bamatafe, ces crises ne doivent cependant pas conduire à considérer la jeunesse comme un problème à résoudre. Au contraire, elle doit être reconnue comme une partie essentielle de la solution, notamment dans la construction d’une paix durable.

*Le dialogue de proximité comme outil de prévention*

L’activiste estime que la prévention des conflits doit commencer au niveau des quartiers et des communautés, bien avant que les tensions ne dégénèrent en violences.

Prenant l’exemple de la criminalité urbaine et du phénomène des « kulunas » à Kinshasa, notamment dans certaines communes comme Kimbanseke, Masina, Kisenso et Makala, il plaide pour une approche combinant sensibilisation, dialogue communautaire et accompagnement des jeunes.

Selon lui, les jeunes vivant dans les quartiers populaires sont souvent les premiers à percevoir les signes annonciateurs des tensions entre familles ou groupes. Cette proximité devrait, estime-t-il, être transformée en force d’alerte et de médiation.

Il propose ainsi de multiplier les espaces de dialogue entre les jeunes, les autorités locales, les forces de sécurité et les associations communautaires afin de prévenir les conflits avant leur aggravation.

Des « armées numériques » au service des intérêts politiques

Autre préoccupation soulevée dans la tribune : l’instrumentalisation de la jeunesse à des fins politiques, notamment sur les réseaux sociaux.

Plamedi Bamatafe dénonce le recrutement de jeunes sur des plateformes telles que X, Facebook, WhatsApp et TikTok pour défendre aveuglément certains leaders, attaquer leurs adversaires ou relayer de fausses informations.

Il estime que cette nouvelle forme de mobilisation transforme certains jeunes en « cyber-soldats », contribuant à la polarisation du débat public, à la diffusion des discours de haine et à l’exacerbation des tensions communautaires.

L’auteur appelle ainsi les jeunes à défendre leurs convictions politiques sans recourir à la violence, au lynchage numérique ou aux discours haineux. Pour lui, l’engagement politique doit rester compatible avec le respect de la vie, de la dignité et des opinions des autres citoyens.

*Transformer l’énergie de la jeunesse en force de développement*

Dans sa réflexion, l’activiste insiste également sur le potentiel économique, social et civique de la jeunesse congolaise.

Il estime que cette énergie pourrait être orientée vers des initiatives concrètes telles que l’assainissement des villes, la lutte contre les inondations, l’éducation civique, l’accompagnement des enfants en rupture familiale, la lutte contre la désinformation ou encore la création de coopératives agricoles et de petites entreprises.

Pour concrétiser ce potentiel, il appelle à la mise en place de structures d’encadrement, de mécanismes de financement et de dispositifs politiques transparents permettant aux jeunes de développer leurs initiatives au bénéfice de la communauté.

*Passer d’une jeunesse victime à une jeunesse actrice*

Plamedi Bamatafe plaide également pour un changement de perception de la jeunesse congolaise. Celle-ci ne devrait plus être uniquement présentée comme victime du chômage, du manque d’infrastructures ou de l’insécurité.

Il encourage les jeunes à s’organiser et à prendre des responsabilités dans leurs communautés. Parmi les pistes proposées figurent la création de comités de vigilance pacifique et de médiation dans les quartiers, la promotion du débat démocratique dans les établissements d’enseignement supérieur ainsi qu’un engagement accru sur les réseaux sociaux contre la désinformation.

L’auteur invite parallèlement les institutions publiques, les organisations internationales, la société civile et les acteurs politiques à créer de véritables mécanismes de participation permettant aux jeunes de formuler des propositions, d’obtenir des responsabilités et de participer directement aux décisions qui concernent leur avenir.

*Une responsabilité historique*

Dans la dernière partie de sa tribune, Plamedi Bamatafe appelle la jeunesse à prendre conscience de sa propre responsabilité. Il l’invite notamment à ne plus accepter que son engagement soit réduit à des mobilisations ponctuelles en échange de biens matériels ou de petites sommes d’argent lors des activités politiques.

Il défend une jeunesse organisée, consciente de ses droits et responsabilités et capable de mettre son énergie au service du développement national.

« Notre énergie physique et citoyenne n’est pas à vendre », soutient-il, tout en appelant les jeunes à refuser leur instrumentalisation dans les luttes de positionnement politique.

*Faire de la jeunesse un pilier de la paix*

En conclusion, Plamedi Bamatafe estime que la participation de la jeunesse à la vie nationale doit devenir structurelle, permanente et orientée vers la prévention des conflits.

Il appelle notamment à renforcer le dialogue entre jeunes de différentes origines, provinces et sensibilités politiques, tout en développant une culture de vérification de l’information et de responsabilité numérique.

Pour lui, l’avenir de la RDC dépend en grande partie de la capacité de sa jeunesse à transformer son énergie physique et numérique en initiatives constructives. Une transformation qui, selon cette tribune, doit permettre aux jeunes Congolais de devenir non plus de simples instruments de mobilisation, mais des acteurs autonomes de la paix, de la cohésion nationale et du développement de la République démocratique du Congo.

Plamedi Bamatafe
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