Le président interfédéral de la Convention Fédérale du Congo (CFC) dans la Tshopo, Maître Gabriel Isaula, a annoncé officiellement, ce samedi 3 octobre 2026, sa démission de la Convention Fédérale du Congo (CFC), parti politique cher à l’opérateur économique James Kenda.
Dans une déclaration faite devant la presse, le désormais ancien président interfédéral de la CFC/Tshopo a présenté sa décision comme l’aboutissement d’une longue réflexion. Il affirme quitter cette formation politique non pour des raisons personnelles, mais en raison de profonds désaccords, notamment liés à la désorganisation du parti, à l’absence de structures solides, aux problèmes de leadership, au manque de réunions statutaires, à la faible implantation nationale, ainsi qu’à ce qu’il qualifie d’ingratitude et de tribalisme dans la gestion des responsabilités.
S’agissant de la direction nationale, Me Gabriel Isaula met particulièrement en cause le bilan du président national, Gilbert Musongela, qu’il accuse de ne pas avoir suffisamment implanté la CFC à travers le pays après plusieurs années de direction.
Il estime également que plusieurs interfédérations, notamment celles de la Tshopo, du Bas-Uélé et du Haut-Uélé, ont été davantage confrontées, selon lui, à des difficultés et à des tentatives de déstabilisation qu’à un véritable accompagnement de la hiérarchie.
« Je ne démissionne pas pour des raisons de convenance personnelle. Je démissionne par contrainte politique, morale et de conscience. Je ne peux plus continuer à appartenir à un parti qui, à mes yeux, m’exploite, ne reconnaît pas les sacrifices consentis par ses cadres, fonctionne dans une grande désorganisation et ne donne plus à ses militants les garanties d’une véritable organisation politique. Je ne peux pas continuer à cautionner un parti qui, plusieurs années après sa création, demeure confronté à de graves problèmes d’organisation, de fonctionnement et de leadership. »
La Tshopo, fruit de son travail personnel
L’ancien dirigeant de la CFC/Tshopo affirme avoir donné le meilleur de lui-même pour asseoir le parti dans la province. Il soutient avoir contribué, sur fonds propres, à l’implantation de la CFC dans cinq des sept territoires de la Tshopo, ainsi que dans les six communes de Kisangani et dans le secteur de Lubuya-Bera.
Il dit avoir organisé régulièrement des activités, effectué des déplacements à l’intérieur de la province, mobilisé les responsables et pris en charge certains frais liés à leur participation aux activités du parti. Il affirme également avoir contribué à l’acquisition des cartes de membres de la CFC.
« Aujourd’hui, s’il existe une province où la CFC dispose d’une visibilité réelle, c’est bien la Tshopo. Et je le dis avec insistance : cette implantation, je l’ai réalisée avec mes propres moyens. Je n’ai jamais reçu un seul franc de qui que ce soit pour mener ce travail. Avec mes propres ressources, mon temps, mes déplacements et mon énergie, j’ai contribué à implanter la CFC dans cinq territoires sur les sept que compte la province de la Tshopo, ainsi que dans les différentes entités de la ville de Kisangani. J’ai organisé des activités presque chaque semaine, parcouru l’intérieur de la province, mobilisé les responsables et supporté les frais liés à leur présence et à leur travail. »
Me Gabriel Isaula dénonce toutefois ce qu’il considère comme une récupération de son travail par la direction nationale. Il affirme que certaines activités qu’il aurait organisées et financées auraient ensuite été présentées comme des réalisations de la direction nationale. Il dit, par ailleurs, détenir des éléments sonores susceptibles, selon lui, d’étayer certaines de ses accusations.
Autre grief majeur avancé est le fonctionnement interne du parti et la question du mérite dans l’attribution des responsabilités. Me Isaula affirme avoir pris des risques pour défendre l’autorité morale de la CFC, James Kenda Odu, notamment lors de sa période d’arrestation. Il estime que les sacrifices consentis à cette époque n’auraient pas été suffisamment reconnus. Il dénonce ce qu’il qualifie de « tribalisme à outrance », estimant que les responsabilités et les opportunités politiques devraient être attribuées en fonction du travail et du mérite, plutôt qu’en fonction de l’appartenance familiale ou tribale.
« La politique ne doit pas être une affaire de tribu. Un parti politique doit récompenser le travail. Il doit reconnaître ceux qui ont pris des risques. Il doit respecter ceux qui ont construit ses bases. Il doit distinguer ceux qui ont travaillé de ceux qui ont attendu. Il doit donner sa chance au mérite. Je refuse une politique dans laquelle celui qui travaille est oublié tandis que celui qui ne fait rien est récompensé. Je refuse que la loyauté soit mesurée à l’appartenance tribale. Je refuse que le mérite ait une tribu. »
Dans sa déclaration, Me Gabriel Isaula interpelle également l’autorité morale de la CFC, James Kenda Odu, à qui il reproche de maintenir sa confiance au président national malgré, selon lui, les contestations exprimées par plusieurs cadres et structures du parti. Au terme de sa déclaration, l’ancien président interfédéral de la CFC/Tshopo assure que son départ ne signifie ni son retrait de la politique ni son renoncement à ses convictions.
Il dit quitter la CFC avec « beaucoup de douleur », après y avoir consacré du temps, des moyens et de l’énergie, mais affirme partir avec la conscience tranquille, estimant avoir travaillé, mobilisé, implanté et alerté avant de prendre sa décision. Me Gabriel Isaula résume finalement son choix par une formule forte : « Je préfère partir debout plutôt que rester assis dans le silence. »
Rédaction
