Médecins Sans Frontières (MSF) a présenté, mardi 27 janvier 2026 à Kisangani, le bilan de ses interventions réalisées en 2025 dans les divisions provinciales de santé de l'espace grande orientale.
C'était lors d’un café presse organisé à l’hôtel Le Triangle, dans la commune de Makiso. Cet exercice de redevabilité a dévoilé les actions de Kisangani Emergency Response (KERE), unité d’urgence de MSF basée à Kisangani depuis 2018.
Malgré l'inaccessibilité dans plusieurs zones, le KERE intervient dans les urgences médico-humanitaires en Tshopo, Ituri, Bas-Uélé et Haut-Uélé, couvrant au total 83 zones de santé. Ses missions sont : la veille sanitaire et humanitaire, les missions d’exploration et les interventions rapides face aux épidémies (choléra, rougeole, méningite, Mpox), aux fièvres hémorragiques, aux catastrophes naturelles, aux conflits armés et aux déplacements massifs de populations.
En 2025, les résultats sont significatifs. 4 087 personnes ont été prises en charge contre le choléra dans la zone de santé de la Tshopo, tandis que 18 025 personnes ont été vaccinées contre cette maladie dans les sites de déplacés de Konga-Konga, Saint-Gabriel et Aspiro. Dans la DPS Tshopo, 4 963 enfants ont été récupérés dans le cadre du PEV de routine à Wanie-Rukula.
Dans les autres provinces, MSF a vacciné 43 391 enfants contre la rougeole dans la zone de santé d’Adi (Ituri), pris en charge 5 934 enfants contre le paludisme à Ango (Bas-Uélé) et assisté 5 383 réfugiés centrafricains à Zapaï et Ndamana. À cela s’ajoutent 5 863 ménages bénéficiaires de kits NFI et 33 529 consultations médicales réalisées à Adi.
Globalement, MSF a enregistré 47 alertes, conduit 16 missions d’exploration et mené 15 interventions en 2025.
Dans la province de la Tshopo, les interventions ont ciblé plusieurs urgences majeures. À Banalia, sept cas suspects de méningite ont été pris en charge entre janvier et février, avec un appui aux prélèvements et des dons de kits médicaux. Face au choléra, 4 016 cas ont été traités dans 12 zones de santé entre mars et août, suivis de 71 cas supplémentaires entre septembre et décembre, accompagnés de formations du personnel de santé.
Prenant la parole, Nicolas Guiral, coordonnateur de l’unité d’urgence de MSF à Kisangani, a qualifié 2025 d’« année atypique », marquée par des crises prolongées et un afflux inattendu de réfugiés en provenance du Soudan du Sud et de la Centrafrique. Il a réaffirmé que la priorité de MSF en 2026 reste la réponse rapide aux urgences, avec une attention particulière portée aux réfugiés centrafricains et la volonté de renforcer ou relancer certaines interventions.
S’adressant aux autorités, aux bailleurs et aux communautés, MSF a insisté sur l’importance de la collaboration et lancé un appel clair aux donateurs pour ne pas abandonner les populations affectées, dans un contexte de réduction des financements humanitaires. Le café presse s’est clôturé par une séance interactive de questions-réponses.
Rédaction.
