Une opération de démolition du bidonville de Pakadjuma, menée ce mardi 10 février par les autorités provinciales de Kinshasa, a dégénéré en violents affrontements entre les forces de sécurité et les habitants déguerpis.
Des scènes de pillages et d’incendies ont été signalées dans plusieurs zones, notamment à proximité du quartier industriel et dans la commune de Limete.
Selon des témoins, des manifestants, réclamant des indemnisations individuelles de la part de la ville, ont érigé des barricades et affronté les forces de l’ordre. Des coups de feu ont été entendus dans la matinée, semant la panique parmi la population riveraine.
Dans la foulée de ces violences, un poste de police situé au quartier BAT, dans la commune de Limete, a été attaqué puis incendié par des individus non identifiés.
Plusieurs motos appartenant à des particuliers ont également été brûlées, tandis qu’une société de production d’eau potable a été pillée, a indiqué une source locale.
Contactée par la rédaction de la loche du Congo, la bourgmestre de Limete, Nathalie Aziza, a confirmé que plusieurs actes de violence ont été enregistrés, notamment des pillages et des incendies visant des biens publics. Elle a précisé que des éléments de la Police nationale congolaise ont été déployés afin de rétablir l’ordre et prévenir tout débordement supplémentaire, soulignant que l’autorité urbaine suit de près l’évolution de la situation sécuritaire.
Cette manifestation fait suite à la démolition de plusieurs habitations, intervenue la veille le long de la voie ferrée à Pakadjuma. L’opération a été conduite par le gouvernement provincial de Kinshasa, avec l’appui de l’ONATRA, provoquant une vive réaction des populations concernées.
Selon un bilan provisoire, au moins trois personnes auraient perdu la vie par balles, tandis que plusieurs autres ont été blessées par armes blanches lors des affrontements. Une station-service a également été vandalisée et pillée par des manifestants.
Les autorités n’ont pas encore communiqué de bilan officiel définitif, tandis que le calme reste précaire dans les zones affectées.
Franck Yenga
