Selon le dernier rapport de l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), publié à la clôture de l’année 2025, le pays compte plus de 5,3 millions de personnes déplacées internes et près de 25 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire.
Ces chiffres traduisent une crise humanitaire multidimensionnelle qui ne cesse de s’aggraver sur l’ensemble du territoire national. Le bilan couvrant la période de janvier à décembre 2025 est jugé particulièrement préoccupant. Outre les déplacements massifs de populations, l’OCHA a enregistré 260 500 incidents de protection, incluant de graves violations des droits humains, des violences basées sur le genre ainsi que des atteintes à l’intégrité physique des civils.
La crise alimentaire touche actuellement 24,8 millions de personnes, soit environ 25 % de la population congolaise, qui éprouve des difficultés à couvrir ses besoins nutritionnels essentiels. Les acteurs humanitaires attribuent cette situation critique à plusieurs facteurs conjugués, notamment la persistance des conflits armés surtout dans l’Est du pays , l’instabilité économique marquée par la flambée du coût de la vie, ainsi que les effets des catastrophes climatiques telles que les inondations et les glissements de terrain.
Si la crise affecte également les provinces du centre et de l’ouest, les zones orientales demeurent les plus touchées par les déplacements de populations. La majorité des personnes déplacées internes se concentre dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika. Le rapport de l’OCHA souligne que « les ménages les plus vulnérables, en particulier les femmes, les enfants et les personnes âgées, sont les premiers à subir les effets de cette détérioration des conditions de vie ».
Face à la recrudescence des attaques des groupes armés et à la multiplication des conflits communautaires, l’OCHA insiste sur deux priorités majeures : le renforcement de l’assistance humanitaire, les moyens actuels étant largement insuffisants pour répondre à l’ampleur des besoins, et la protection accrue des civils, au regard du nombre record d’incidents de protection signalés.
La coordination humanitaire lance ainsi un appel pressant à la communauté internationale pour une mobilisation financière à la hauteur des enjeux, afin d’éviter une catastrophe humanitaire d’une ampleur encore plus dramatique en 2026.
Franck Yenga
