Un drame humanitaire s'est produit dans la chefferie de Kaziba, territoire de Walungu, au sud de la ville de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu. Cette entité, privée de réseau de téléphonie mobile et de connexion internet, vit sous l’occupation des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, au milieu d’un environnement transformé en champ de mines.
Selon des sources locales contactées par la rédaction la cloche du Congo, au moins 97 civils ont été tués et 235 autres grièvement blessés par l’explosion de mines antipersonnel et d’engins explosifs disséminés sur les collines et les axes de passage. Parmi les victimes figurent des enfants se rendant à l’école, des agriculteurs en route vers leurs champs et des femmes parties chercher du bois de chauffe.
Les structures sanitaires locales, déjà fragilisées, font face à une rupture alarmante de médicaments, conséquence de l’insécurité persistante qui empêche l’acheminement des intrants médicaux.
Malgré la gravité des faits, la situation demeure largement invisible à l’échelle nationale et internationale. Depuis l’arrivée des forces du M23/RDF, Kaziba est plongée dans un black-out communicationnel total.
Aucun opérateur de téléphonie ne couvre la zone. Pour transmettre des informations ou lancer des alertes, les habitants sont contraints de gravir des collines à la recherche d’un signal, au risque de leur vie, ces zones étant fortement minées.
Ces actes constituent de graves violations du droit international humanitaire, notamment de la Convention d’Ottawa interdisant l’usage des mines antipersonnel, à laquelle le Rwanda est signataire, ainsi que du Statut de Rome de la Cour pénale internationale relatif à la protection des civils en période de conflit armé.
Toutefois, une lueur d’espoir est signalée avec le début des opérations de déminage menées par les équipes de la Croix-Rouge dans certaines zones de Kaziba. Ces interventions visent à sécuriser les axes les plus dangereux et à réduire le nombre de victimes civiles.
Les images et témoignages recueillis sur le terrain confirment l’ampleur des violences subies par la population. À Kaziba, le silence des réseaux ne peut plus cacher la réalité des civils continuent de mourir chaque jour, loin des regards et dans l’indifférence.
Rédaction
