À Kisangani, la situation humanitaire dans le camp de déplacés de Konga-konga, où sont regroupées des victimes du conflit communautaire entre Mbole et Lengola, se dégrade de plus en plus.
Dans un entretien accordé vendredi 13 mars 2026 à La Cloche du Congo, le bourgmestre de la commune de Kisangani, Juspson Bokendi Popolipo, décrit une situation humanitaire « extrêmement préoccupante », malgré un climat sécuritaire relativement stable dans ce site d’accueil.
Si les tensions sécuritaires semblent pour l’instant contenues, la détresse humanitaire est, elle, bien réelle. Selon l’autorité communale, les déplacés manquent presque de tout : nourriture, médicaments et produits pharmaceutiques.
La dernière aide significative remonte au début de l’année. « Depuis le 3 janvier, lorsque le ministre Doudou Fwamba et le notable Aimé Teza ont apporté des vivres, aucune autre assistance n’est arrivée dans ce site », déplore le bourgmestre.
Conséquence directe : de nombreux enfants quittent quotidiennement le camp pour se rendre dans les quartiers du centre-ville afin de mendier de quoi manger. « Ils errent dans la ville et deviennent des mendiants à cause du manque de nourriture », alerte-t-il.
À cette pénurie alimentaire s’ajoute un manque criant de soins médicaux. Le centre de santé
Konga-konga ne dispose pas de médicaments alors que les cas de maladies se multiplient parmi les déplacés.
Depuis le début de l’année, plusieurs décès ont été enregistrés. « Entre janvier et aujourd’hui, nous avons déjà enterré environ 16 à 17 personnes, enfants comme adultes », indique Juspson Bokendi Popolipo.
Face à cette situation critique, le bourgmestre lance un appel pressant à la solidarité nationale et locale. Il invite les personnalités politiques, les leaders religieux, les organisations humanitaires ainsi que les citoyens à se mobiliser pour venir en aide aux déplacés.
« Nous appelons les députés, les prélats, les imams, les pasteurs et toute personne de bonne volonté à soutenir cette population qui souffre et qui, aujourd’hui, meurt de faim », insiste-t-il.
La commune de Kisangani tente également de mieux évaluer l’ampleur de la crise. Un nouveau recensement des déplacés est actuellement en cours dans le camp, y compris dans les quartiers environnants où certaines familles ont trouvé refuge.
En attendant, au camp de Kongakonga, les déplacés du conflit Mbole–Lengola continuent de survivre dans des conditions précaires.
Rédaction.
