Ces soldats, qui avaient exprimé leur volonté de regagner les rangs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), vivent aujourd’hui dans des conditions jugées « catastrophiques ».
L’alerte est lancée par l’activiste des droits humains Jacques Sinzahera. Dans une déclaration rendue publique vendredi 6 mars, il affirme que l’appel lancé le 4 janvier dernier par Sultani Makenga, coordonnateur militaire de la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo – M23, aurait servi de piège pour isoler ces militaires.
Le 4 janvier, lors d’une parade organisée au camp militaire de Rumangabo, Sultani Makenga avait invité les militaires congolais présents dans la zone à entamer, via le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), un processus de retour vers les zones contrôlées par le gouvernement, notamment à Beni ou Uvira.
Mais selon Jacques Sinzahera, cette initiative s’est révélée être une manœuvre destinée à les écarter.
« La situation des militaires rendus à Rumangabo devient catastrophique. Depuis le 4 janvier, ceux qui ont manifesté leur volonté de rejoindre le gouvernement ont été isolés. Aujourd’hui, ils vivent un véritable calvaire », affirme-t-il.
Toujours selon cet activiste, les soldats concernés seraient privés de soins, de nourriture et de conditions de vie décentes.
« Il y a au moins deux militaires qui meurent chaque semaine, faute de médicaments et de nourriture. Leur seul tort est d’avoir exprimé leur volonté de rejoindre le gouvernement congolais lors de la parade du M23 à Rumangabo », dénonce Jacques Sinzahera.
Face à cette situation, il appelle à une intervention urgente de la communauté internationale.
L’activiste exhorte notamment la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et le CICR à agir rapidement pour organiser le rapatriement de ces militaires vers les zones sous contrôle de Forces armées de la République démocratique du Congo.
Selon lui, le maintien de ces soldats dans de telles conditions pourrait constituer une violation grave du droit international humanitaire.
Au-delà de la situation à Rumangabo, une autre frustration grandit parmi les militaires et policiers qui ont quitté les rangs ennemis pour répondre à l’appel patriotique du porte-parole des FARDC, Sylvain Ekenge. Plusieurs d’entre eux affirment ne toujours pas percevoir leurs soldes et primes, malgré les assurances reçues lors de leur ralliement.
Un retard qui alimente l’inquiétude et le découragement chez ces soldats, pourtant présentés comme des symboles de loyauté envers l’État congolais.
Rédaction.
