Le député national Fontaine Mangala a déposé, ce vendredi 20 mars 2026, au bureau de l’Assemblée nationale, une question orale avec débat adressée au Vice-Premier ministre en charge des Transports et Voies de communication, Jean-Pierre Bemba Gombo.
Par cette initiative parlementaire, l’élu de Kisangani exige des explications sur l’échec persistant de la régulation du secteur fluvial et lacustre en République démocratique du Congo. En toile de fond : la recrudescence inquiétante des naufrages meurtriers sur le fleuve Congo, les rivières et les lacs du pays.
S’exprimant à l’issue du dépôt de sa question, Fontaine Mangala a dressé un tableau alarmant, étayé par une série de drames récemment enregistrés dans plusieurs provinces.
Dans la province de la Tshopo, près de 30 personnes ont péri il y a quelques jours dans le territoire de Yahuma, avec d’importants dégâts matériels. Dans l’ouest du pays, le bilan est tout aussi lourd : environ 200 morts dans le territoire de Lukolela, dans la province de l’Équateur ; une quarantaine de victimes et plusieurs disparus sur le lac Mai-Ndombe ; ainsi que d’autres pertes humaines et matérielles signalées dans la province du Kwango. Une succession de tragédies qui indigne profondément l’élu.
Au-delà de ces catastrophes ponctuelles, le député évoque une véritable hécatombe silencieuse : près de 6 000 morts auraient été enregistrés en 2025 sur le seul tronçon du fleuve Congo reliant Kisangani à Kinshasa.
« Nous ne pouvons pas continuer à ramasser nos morts et à subir des pertes de biens en silence. Quelqu’un doit répondre », a-t-il martelé, dénonçant l’inaction des autorités face à une crise devenue structurelle.
Pour Fontaine Mangala, la répétition quasi mensuelle de ces naufrages met en lumière de graves défaillances dans la politique de sécurité fluviale. Il appelle ainsi le ministre des Transports à fournir des explications claires sur les mesures prises ou envisagées pour mettre fin à cette spirale meurtrière.
À défaut de réponses jugées satisfaisantes, le député n’exclut pas de recourir aux mécanismes constitutionnels ainsi qu’aux dispositions du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Rédaction.
