La Cloche du Congo | Le média qui vous permet de mieux comprendre l'actualité

La Cloche du Congo | Le média qui vous permet de mieux comprendre l'actualité

RDC : la masse salariale dérape, près de 2 milliards USD hors contrôle, alerte le CREFDL

Rédaction
0
En l’espace de cinq ans, la masse salariale des agents publics en République démocratique du Congo a échappé au contrôle de l’État, révélant des failles structurelles profondes dans la gestion des finances publiques.

C’est le constat sans appel dressé par Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local dans sa troisième note du Baromètre financier, publiée en mars 2026.

Entre 2021 et 2025, les dépenses de rémunération ont atteint 18,9 milliards de dollars, soit près de deux milliards de plus que les 16 milliards prévus dans les lois de finances successives. 

Un dépassement significatif, qui porte le taux d’exécution à 111,56 %, en violation directe de la législation en vigueur. Le pic de cette dérive est enregistré en 2022, avec un écart de plus de 929 millions de dollars. 

À eux seuls, les ministères concentrent près de 70 % de ces dépassements, illustrant une perte de maîtrise inquiétante au sommet de l’appareil étatique.

Au-delà des chiffres, c’est la crédibilité budgétaire du pays qui est en jeu. Les engagements pris auprès du Fonds monétaire international sont largement dépassés : alors que le plafond de la masse salariale est fixé à 35 % des recettes internes, la RDC affiche une moyenne de 43,42 % sur la période, avec un pic à 48,30 % dès 2021.

Dans son rapport de janvier 2026, l’institution de Bretton Woods identifie d’ailleurs cette explosion comme l’un des principaux risques budgétaires pour les années à venir.

En toile de fond, un mal endémique : la fraude. L’audit mené en 2023 par l’Inspection générale des finances a mis au jour 326 974 agents fictifs ou irréguliers dans le fichier de paie. Une hémorragie financière estimée à 73 millions de dollars par mois, soit près de 889 millions de dollars de pertes cumulées entre 2019 et 2023.

Face à cette situation, les annonces de réforme peinent à convaincre. Si le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a ordonné un nouvel audit en février 2026, les observateurs restent prudents. 

Les précédentes missions de contrôle, malgré leurs conclusions accablantes, n’ont que rarement été suivies d’actions concrètes.

À mesure que les dépenses dérapent, la question devient centrale : l’État congolais peut-il encore reprendre la main sur sa masse salariale ? Pour le CREFDL, l’urgence n’est plus à l’alerte, mais à l’action.

Rédaction

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires

Enregistrer un commentaire (0)

#buttons=(Ok, Go it!) #days=(20)

Our website uses cookies to enhance your experience. Check Out
Ok, Go it!