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RDC : sécurité et unité nationale parmi les priorités de la session ordinaire de mars au Sénat

Rédaction
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La session ordinaire de mars du Sénat de la République démocratique du Congo s’est ouverte lundi 16 mars 2026 au Palais du Peuple à Kinshasa, dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires, humanitaires et socio-économiques. 

À cette occasion, le président de la Chambre haute a dressé un état des lieux sans complaisance de la situation du pays, tout en appelant à une mobilisation accrue des institutions.

Devant les représentants des institutions nationales, du gouvernement, du corps diplomatique et des organisations internationales, il a insisté sur la nécessité d’une action concertée pour répondre aux crises qui affectent plusieurs régions du pays.

Conformément aux dispositions constitutionnelles qui encadrent le calendrier parlementaire, l’ouverture de la session est intervenue ce lundi, le 15 mars étant tombé un dimanche. Dans son discours, le président du Sénat a d’abord rendu hommage aux victimes des violences et des conflits armés qui continuent de frapper certaines provinces, ainsi qu’aux militaires et policiers tombés dans l’exercice de leur mission de défense de l’intégrité territoriale.

Il a également évoqué les victimes civiles du conflit dans l’Est du pays, citant notamment l’attaque contre des sites miniers à Muchacha, dans la province de l’Ituri, ainsi que l’incident impliquant des travailleurs humanitaires survenu le 11 mars à Goma.

Selon lui, honorer la mémoire des victimes constitue un devoir national, tout en soulignant l’importance de poursuivre le travail d’identification et de documentation des crimes commis dans le cadre du projet mémoriel connu sous le nom de « Genocost ».

Le président du Sénat a longuement abordé la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri demeurent, selon lui, confrontées depuis plusieurs années à des violences armées attribuées notamment au mouvement M23, soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises, ainsi qu’aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).

Il a condamné les violations répétées du cessez-le-feu ainsi que certaines attaques menées à l’aide de drones, notamment celles qui ont visé l’Aéroport international de Bangoka à Kisangani au début de l’année.

Dans ce contexte, il a salué l’engagement des Forces armées de la République démocratique du Congo et des groupes d’autodéfense appelés « Wazalendo », impliqués dans la défense du territoire. Il a également évoqué les sanctions prises par le Trésor américain contre certains responsables rwandais.

Au-delà des zones de guerre, le président du Sénat a également attiré l’attention sur la montée de l’insécurité dans plusieurs centres urbains, appelant le gouvernement à renforcer la lutte contre la criminalité et à poursuivre les opérations de désarmement dans l’ouest du pays.

Sur le plan politique, la Chambre haute a exprimé sa disponibilité à accompagner les initiatives de dialogue national évoquées par le président de la République. Selon le président du Sénat, ces échanges entre Congolais doivent contribuer à consolider la paix et à renforcer l’autorité de l’État face aux tentatives de déstabilisation.

Il a toutefois rappelé que le Sénat continuera d’assumer pleinement sa mission constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale, considérée comme un élément essentiel du fonctionnement de l’État de droit.

Le discours a également mis en lumière l’ampleur de la crise humanitaire provoquée par les conflits armés. Les déplacements massifs de populations dans l’Est, la situation des réfugiés dans les pays voisins et la nécessité de faciliter l’accès de l’aide humanitaire figurent parmi les principales préoccupations évoquées.

Le président du Sénat a plaidé pour un renforcement de l’assistance aux personnes déplacées et pour une coopération accrue avec les partenaires internationaux afin de trouver des solutions durables.

Sur le plan socio-économique, il a également évoqué plusieurs difficultés auxquelles les Congolais restent confrontés, notamment le chômage des jeunes, la baisse du pouvoir d’achat, les retards dans le paiement de certains agents de l’État et l’accès limité aux services sociaux de base.

Face à ces défis, il a appelé à une gestion plus rigoureuse des finances publiques et à une stratégie de développement reposant notamment sur l’agriculture, l’énergie, la diversification économique et l’industrialisation.

Dans son intervention, le président du Sénat a aussi réaffirmé l’engagement de l’institution en faveur de la promotion des droits des femmes, dans le prolongement de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars.

Il a insisté sur la nécessité de lever les obstacles juridiques et sociaux qui freinent encore l’égalité entre les femmes et les hommes, tout en soulignant la participation d’une délégation de sénatrices aux travaux de la Commission des Nations unies sur la condition de la femme à New York.

En conclusion, le président du Sénat a appelé les sénateurs à s’impliquer pleinement dans les travaux de la session parlementaire, qui devra notamment examiner plusieurs projets de loi importants, dont certains relatifs aux accords économiques avec les États-Unis et aux initiatives de paix dans la région.

Selon lui, la réussite de cette session dépendra de la capacité des élus à privilégier l’intérêt national et à agir dans un esprit de responsabilité, afin de contribuer à la stabilité du pays et à l’amélioration des conditions de vie de la population.

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