La circulation a été fortement perturbée ce lundi 16 mars à Kinshasa, où de nombreux habitants ont rencontré des difficultés pour se rendre à leur lieu de travail.
Faute de transports en commun, certains Kinois ont été contraints de parcourir de longues distances à pied.
À l’origine de cette situation, un arrêt de service observé par les conducteurs de taxis et de taxi-bus pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « tracasseries excessives » de la part des agents chargés de la régulation routière. Les chauffeurs protestaient notamment contre les contrôles imposés par l’administration urbaine, qu’ils jugent abusifs et sources de multiples difficultés dans l’exercice de leur métier.
Selon Kakule Kimbula Bienvenue, président de l’Association des chauffeurs, la décision de suspendre les activités est intervenue après plusieurs alertes restées sans suite. Il explique que "les conducteurs dénonçaient depuis plusieurs jours le comportement de certaines équipes déployées sur le terrain, accusées d’abus et d’incivisme lors des contrôles."
Les responsables du secteur affirment avoir saisi les autorités compétentes sans obtenir de réaction, ce qui aurait poussé les chauffeurs à déclencher un mouvement d’arrêt de travail.
Les représentants des conducteurs dénoncent également la multiplication des exigences administratives imposées aux chauffeurs. Outre le permis de conduire, ils évoquent l’introduction de nouvelles obligations, notamment la carte professionnelle et plusieurs autres documents, que les transporteurs jugent excessifs.
L’arrêt des transports en commun a rapidement eu des répercussions sur la population. Privés de taxis et de bus, de nombreux habitants ont dû marcher plusieurs kilomètres pour rejoindre leurs destinations. D’autres se sont tournés vers les motos-taxis, devenues l’une des rares alternatives disponibles. Certains usagers, découragés par l’attente, ont finalement renoncé à leurs déplacements.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les habitants ont exprimé leur exaspération face à cette situation qui a fortement ralenti les activités quotidiennes.
La situation s’est progressivement débloquée en fin de journée après une réunion entre le ministre des Transports, Jésus-Noël Sheke, et les représentants des associations de chauffeurs. La rencontre, à laquelle a notamment participé Éric Manianga, a permis de parvenir à un compromis mettant fin au mouvement de grève.
Au cours des discussions, les conducteurs ont soulevé leurs préoccupations concernant les opérations de régulation routière et les contrôles effectués sur les différents axes de la capitale. Ils ont notamment dénoncé certaines pratiques jugées excessives ainsi que la présence simultanée de plusieurs services sur la voie publique.
À l’issue de la réunion, plusieurs mesures ont été décidées afin d’apaiser les tensions. Les associations de chauffeurs ont appelé leurs membres à reprendre le travail, permettant ainsi la reprise progressive du transport en commun à Kinshasa.
Les parties se sont également accordées pour mettre fin à l’utilisation abusive des « Mbasu » sur la chaussée, une pratique régulièrement critiquée par les conducteurs qui estiment qu’elle contribue à la congestion du trafic.
Un moratoire sur le contrôle de l’état des véhicules a aussi été instauré afin de créer un climat d’apaisement, le temps de revoir les modalités d’application de ces inspections.
Par ailleurs, le ministre des Transports s’est engagé à publier une circulaire officielle destinée à clarifier les responsabilités de chaque service impliqué dans la régulation de la circulation, dans le but d’éviter les chevauchements de compétences.
Les discussions ont enfin abordé la question de la circulation des véhicules de livraison, qu’il s’agisse des camions de grand tonnage ou de ceux utilisés pour la distribution en ville. Les autorités et les représentants des chauffeurs ont convenu de la nécessité de mieux encadrer ce secteur pour prévenir de nouvelles tensions.
À l’issue de la rencontre, Éric Manianga a invité les conducteurs à reprendre leurs activités, saluant les engagements pris par les autorités. Il a également annoncé qu’une prochaine réunion avec le gouverneur de la ville de Kinshasa devrait être organisée afin de poursuivre les discussions sur l’organisation du secteur du transport urbain.
Franck YENGA
