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Tshopo : Fronde contre Mateus Kanga, les jeunes de la société civile réclament la dissolution de l’Assemblée provinciale

Rédaction
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À Kisangani, le ton monte contre le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo. 

Dans une déclaration rendue publique mardi 10 mars 2026, un collectif de jeunes leaders issus de plusieurs organisations de la société civile a vivement dénoncé le comportement de Mateus Kanga Londimo, qu’ils accusent d’alimenter une crise institutionnelle devenue, selon eux, « dangereuse » pour la stabilité de la province.

Ces jeunes, visiblement remontés, estiment que l’attitude du chef de l’organe délibérant de la Tshopo constitue une menace pour une province déjà fragilisée par le contexte sécuritaire dans l’Est du pays. 

La Tshopo, rappellent-ils, fait face à une insécurité grandissante. L'un des faits illustratifs est les attaques de drones kamikazes visant l’aéroport international de Bangboka.

Dans ce contexte tendu, ils accusent Mateus Kanga de détourner l’attention des autorités provinciales des véritables priorités sécuritaires et de freiner l’élan de développement impulsé par le gouverneur Paulin Lendongolia.

Dans leur déclaration adressée au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant du bon fonctionnement des institutions, ces jeunes dénoncent une « crise de collaboration institutionnelle créée de toutes pièces » depuis plus de cinq mois par le président de l’Assemblée provinciale.

Ils lui reprochent notamment de multiplier les « initiatives conflictuelles et confligènes ». Parmi celles-ci figurent l'initiative d’invalidation de plus de onze députés provinciaux, des attaques répétées contre l’exécutif provincial, ainsi que le refus de réintégrer trois députés provinciaux anciens ministres ayant quitté le gouvernement, et ce, en violation de l’article 90 du règlement intérieur de l’Assemblée.

Plus préoccupant encore pour les autorités centrales, les jeunes de la société civile pointent une attitude jugée défiance à l’égard de Kinshasa. Selon les eux, Mateus Kanga aurait ignoré et bafoué un télégramme officiel du Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, lui demandant de se rendre dans la capitale pour une séance de travail.

En réaction, le président de l’Assemblée provinciale aurait déclaré sur les réseaux sociaux que « le député provincial n’a pour chef que la loi ». Une sortie interprétée par les jeunes leaders comme un acte « d’insubordination » et une « tentative de défi envers le  VPM de l’Intérieur ».

Pour ces jeunes, ce bras de fer politique intervient au pire moment. « Ce désordre institutionnel fait le lit des ennemis de la République qui lorgnent sur Kisangani », alertent-ils, estimant que ces tensions risquent de détourner les forces de sécurité de leur mission principale, qui est  la défense du territoire face au groupe rebelle AFC-M23, soutenu par le Rwanda.

Ils accusent également Mateus Kanga d’instrumentaliser les mouvements citoyens pour déstabiliser le gouverneur de province. Elles dénoncent aussi l’existence d’une « armée numérique » qui s’illustrerait par des attaques répétées contre le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, accusé à tort selon elles alors qu’il ne ferait qu’exécuter les instructions du chef de l’État pour stabiliser les institutions provinciales.

Face à ce qu’ils qualifient de « barbarie institutionnelle », les leaders de la société civile appellent directement à l’arbitrage du président de la République.

« Au regard de la gravité des faits susmentionnés, nous sollicitons votre implication personnelle afin de mettre un terme à cette tentative de rébellion. L’article 197 de la Constitution vous confère le pouvoir de dissoudre une Assemblée provinciale en cas de persistance d’une crise politique », écrivent-ils.

Cet appel intervient à la veille d’une rentrée parlementaire de mars qui s’annonce particulièrement tendue à Kisangani.
Le président Félix-Antoine Tshisekedi, salué dans cette déclaration pour son leadership et les transformations visibles dans la ville, est désormais appelé à trancher afin d’éviter que la Tshopo ne sombre dans une paralysie politique aux conséquences potentiellement lourdes pour la sécurité de la province.

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