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Tshopo : Grégoire Ngubu appelle le gouvernement provincial à lever les obstacles et à créer un climat propice à l’entrepreneuriat des jeunes

Rédaction
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Dans un contexte marqué par la montée du chômage des jeunes, l’entrepreneuriat s’impose progressivement comme une alternative crédible et durable dans la Tshopo.

C’est dans cette dynamique que s’est tenue, du 13 au 14 mars 2026, une masterclass sur l’entrepreneuriat, organisée par la Fondation Jean Bamanisa Saidi, en collaboration avec la Dynamique Jean Bamanisa.

Pendant deux jours, près d’une centaine de jeunes ont pris part à ces assises axées sur un objectif clair : poser les bases d’un engagement concret et structuré dans l’entrepreneuriat.

Les participants ont été formés aux fondamentaux de la création d’entreprise, notamment la conception d’un projet, sa formalisation, les mécanismes de croissance ainsi que les clés de réussite dans un environnement souvent perçu comme complexe. 

Les échanges ont permis de lever plusieurs zones d’ombre et de rendre plus clair le parcours entrepreneurial en République démocratique du Congo. Un accent particulier a été mis sur les démarches administratives liées à la légalisation d’une entreprise. 

Les intervenants ont détaillé les procédures à suivre, tant au niveau national que provincial, notamment l’obtention du numéro d’impôt auprès de la DGI, l’immatriculation au Registre de commerce et du crédit mobilier (RCCM) via le guichet unique, l’identification nationale ainsi que la déclaration d’implantation auprès de la division provinciale de l’environnement.

À ces exigences s’ajoutent des obligations fiscales, dont la taxe d’implantation (TI), payable une seule fois, et la taxe annuelle (TERA), exigible chaque année.

Au-delà de l’aspect pédagogique, cette masterclass a également servi de tribune d’expression pour les jeunes entrepreneurs, qui n’ont pas manqué de dénoncer les difficultés auxquelles ils font face au quotidien. Parmi les préoccupations majeures figurent les tracasseries administratives et la pression fiscale jugée excessive.

Beaucoup ont souligné que la multiplicité des taxes et certaines pratiques de services publics constituent un frein réel à l’initiative privée, poussant parfois les jeunes à abandonner leurs projets.

À la clôture des travaux, Grégoire Ngubu, assistant parlementaire du sénateur Jean Bamanisa Saidi, a relayé ces préoccupations en formulant des recommandations claires à l’endroit du gouvernement provincial :





« Au gouvernement provincial, on ne peut pas appeler la jeunesse à entreprendre sans créer des conditions qui rendent l’entrepreneuriat possible. Il est temps de renforcer les politiques d’accompagnement, de faciliter l’accès au financement, de sécuriser les initiatives privées et de mettre en place un climat des affaires réellement favorable. La Tshopo regorge d’opportunités dans tous les domaines, notamment l’agriculture, le commerce, le tourisme, l’industrie et les services. Mais sans volonté politique et sans un programme clair en faveur de la jeunesse, ces opportunités resteront des potentialités inexploitées. Le développement exige des décisions. »





Dans la même lancée, il a insisté sur la nécessité d’un changement de paradigme quant au rôle de l’État dans la création d’emplois :





« Nous devons aussi avoir l’honnêteté de reconnaître une réalité : l’État n’est plus, comme autrefois, le principal pourvoyeur d’emplois. Avec les mutations économiques, la privatisation et la mondialisation, le rôle du secteur privé devient central. »





Poursuivant son intervention, il a appelé les jeunes à s’approprier pleinement cette responsabilité :





« C’est pourquoi notre société a aujourd’hui besoin de privés créateurs et pourvoyeurs d’emplois, des hommes et des femmes capables de créer des entreprises, des entreprises capables d’employer, et des emplois capables de faire vivre des familles. Et ces privés pourvoyeurs d’emplois, c’est vous. Oui, c’est vous qui êtes assis dans cette salle. L’Honorable Bamanisa Saidi Jean vous encourage à ne pas avoir peur de commencer petit, à ne pas craindre l’échec, à ne pas attendre des conditions parfaites, car ce sont ceux qui osent qui construisent l’avenir. Il vous rassure également de sa disponibilité à vous accompagner et à vous soutenir, en bon maître, dans chacun des pas que vous aurez à poser sur cette voie de l’entrepreneuriat, afin de vous autonomiser davantage et de vous rendre utiles tant pour vous-mêmes et vos familles que pour la société congolaise entière. »





Au-delà des enseignements techniques, les organisateurs ont voulu insuffler une nouvelle dynamique, avec une ambition assumée : faire émerger une génération d’entrepreneurs capables de transformer durablement l’économie locale.





« Notre province ne manque pas d’intelligences, elle ne manque pas de ressources, elle ne manque pas d’opportunités. Ce qui manque souvent, c’est l’audace d’entreprendre, la discipline dans l’action et la volonté de persévérer malgré les difficultés. Je vous encourage donc à devenir les acteurs du changement que nous appelons de tous nos vœux, à créer, à innover, à investir et à refuser la fatalité du sous-développement. »





À l’issue de la session, les participants ont salué la qualité des enseignements reçus, exprimant leur volonté de mettre en pratique les connaissances acquises.

Rédaction.

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