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RDC – Assemblée nationale : un report accordé au DG a.i. Sylvain Alongo pour approfondir l’analyse de la gestion héritée et clarifier les fonds du BCeCo

Rédaction
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Le Directeur général a.i. du Bureau central de coordination (BCeCo), le professeur ordinaire Dr Ir Sylvain Alongo Longomba, a sollicité et obtenu, samedi 11 avril, le report de son audition devant les élus nationaux.

Cela lui permettra d’apporter, avec une « précision chirurgicale », des réponses qu’il veut « fiables, vérifiables et certifiées » à la question orale avec débat formulée autour de la gestion de plus de 324 millions de dollars américains alloués à cet établissement public.

En obtenant ce délai, l’actuel patron a.i. du BCeCo assume une ligne de conduite qu’il revendique clairement : privilégier la précision à la précipitation. Devant la représentation nationale, Sylvain Alongo Longomba a insisté sur la nécessité de préparer un dossier solide, complet et rigoureux, à la hauteur des exigences de contrôle parlementaire.

« Nous avons l’obligation de fournir à la représentation nationale des réponses fiables », a-t-il déclaré devant les élus du peuple, dans un contexte marqué par une attention accrue sur la gestion des deniers publics.

Il convient toutefois de rappeler que cette question orale avec débat ne visait pas, à l’origine, l’actuel Directeur général a.i. du BCeCo. Elle remonte en effet à juin 2025, à l’époque où l’établissement était encore dirigé par le DG aujourd’hui suspendu, Jean Mabi Mulumba, dont sa gestion reste jusqu'à ce jour au cœur des nombreuses critiques. Mais alors qu’elle devait permettre d’éclairer la représentation nationale sur la gestion des fonds en cause, cette initiative parlementaire a malheureusement été étouffée. Sylvain Alongo Longomba hérite ainsi d’une question orale laissée en suspens par son prédécesseur, avec la responsabilité d’y apporter aujourd’hui des réponses claires, complètes et vérifiables.

À cette question orale avec débat s’ajoutent d’ailleurs de nombreux autres problèmes hérités de la gestion précédente. Alors même que le Directeur général a.i. a mis le cap sur l’assainissement et la remédiation des dysfonctionnements laissés par son prédécesseur, cette interpellation parlementaire refait surface, ramenant au premier plan un dossier sensible qu’il n’a pas lui-même initié, mais dont il doit désormais assumer la charge institutionnelle.

L’auteur de l’initiative parlementaire, le député national Antoine Nzangi Ngelengbi, exige des éclaircissements sur l’utilisation de 324,5 millions USD, soit plus de 876 milliards de francs congolais, décaissés en 2024 au profit du BCeCo. Selon l’élu, ces fonds ont été affectés à plusieurs investissements publics stratégiques, notamment les infrastructures administratives, les équipements médicaux, des projets sectoriels, y compris dans le domaine de la pêche, ainsi que le fonctionnement de certaines institutions.

La démarche parlementaire repose essentiellement sur plusieurs exigences de bonne gouvernance, parmi lesquelles le respect rigoureux de la chaîne de la dépense publique, la localisation exacte des fonds à travers les comptes bancaires utilisés, l’identification exhaustive des projets financés, ainsi que l’évaluation de leur niveau d’exécution physique et financière.

Dans ce contexte, le report sollicité par le DG a.i. s’inscrit dans une logique de rigueur administrative et de responsabilité institutionnelle. Homme de dossiers, Sylvain Alongo Longomba entend manifestement s’assurer que les éléments à produire devant la Chambre basse soient suffisamment étayés pour dissiper les doutes et répondre, point par point, aux préoccupations exprimées par la représentation nationale.

Ce report prend ainsi une dimension particulière : loin d’apparaître comme une manœuvre dilatoire, il est présenté par l’actuel dirigeant du BCECO comme le temps nécessaire pour documenter de manière irréprochable un dossier sensible qu’il a trouvé en héritage. En d’autres termes, il lui revient désormais de répondre à une interpellation née sous la gestion de son prédécesseur, restée sans suite jusque-là, alors même qu’il s’emploie parallèlement à corriger les insuffisances accumulées au sein de l’établissement.

Le prochain passage du patron a.i. du BCECO devant les députés s’annonce donc décisif. Il lui appartiendra non seulement de lever toute zone d’ombre sur l’affectation et l’utilisation des fonds publics concernés, mais aussi de démontrer que la rigueur qu’il affiche peut se traduire concrètement dans la transparence et la redevabilité attendues par la nation.

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