Le processus d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’armée ougandaise en République démocratique du Congo demeure enlisé. Une situation qui suscite de vives inquiétudes au sein de la société civile, notamment chez les acteurs engagés dans le suivi du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO).
Dans un message parvenu à La Cloche du Congo ce lundi 20 avril 2026, l’activiste pro-démocratie et président de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI/Tshopo), Maître Christian Kambi Mateleka, exprime son profond désarroi face à ce qu’il considère comme un blocage persistant du processus.
En ligne de mire de l'activiste le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux Guillaume Ngefa, qu’il accuse ouvertement d’entraver la relance des indemnisations. Selon le président de la NDSCI, le principal obstacle à la relance du processus et au redressement du FRIVAO réside dans l’attitude du ministre lui-même.
S’adressant directement à ce dernier, Maître Kambi Mateleka interpelle : « Pour rappel, vous êtes un ministre national, donc votre champ d’application ne se limite ni à la Tshopo ni au FRIVAO. Combien de missions avez-vous déjà effectuées en Ituri, au Haut-Uélé et au Bas-Uélé ? ».
Le ton se durcit lorsqu’il évoque la gestion du dossier depuis la prise de fonction du ministre : « Vous êtes dans une gestion parallèle depuis votre prise de fonction comme ministre. Vous avez procédé à la réhabilitation du DG Mgr Mwarabu ; lui et ses collaborateurs sont régulièrement payés. Mais quelle décision avez-vous déjà prise en faveur des victimes ? Nous constatons que les victimes ne sont pas au centre de vos discussions ni de vos décisions. Cela est une déception totale, déplorable et pathétique. »
Pour l’activiste, cette situation traduit une rupture avec les principes fondamentaux de l’action publique : « Aujourd’hui, il existe un principe de continuité du service de l’État. Malheureusement, vous prônez la rupture. Vous êtes davantage dans la spéculation, et les dossiers solides, appuyés par des preuves, sont écartés pour des raisons que vous seul maîtrisez. »
Dans une critique particulièrement sévère, Maître Kambi Mateleka remet en question les capacités du ministre à conduire les réformes attendues :
« Depuis 1960, nous avons connu plusieurs ministres de la Justice. Malheureusement, vous êtes le moins qualifié à ce poste, avec une incompétence notoire. Malgré un parcours ou un CV riche, vous restez focalisé uniquement sur le FRIVAO. Cette insistance inquiète. En tant que ministre national, vous n’avez engagé aucune réforme depuis votre prise de fonction pour une justice efficace dans notre pays. »
Au-delà des critiques, le président de la NDSCI plaide pour un changement d’approche et un leadership plus ancré dans les réalités du terrain : « Il faut un ministre national dynamique, qui connaît la situation réelle du pays et qui est présent sur le terrain. Seule une bonne justice élève une nation. »
Enfin, l’activiste Pro-démocratie maître Christian Kambi Mateleka attire l’attention sur d’autres dysfonctionnements du système judiciaire, notamment l’inactivité du tribunal de paix de Kabondo, paralysé faute de juges une situation qui, selon elle, devrait également mobiliser le ministre de la Justice.
Rédaction
