L’ONG Justicia Asbl interpelle le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo après l’annonce d’un dispositif d’accueil temporaire en RDC de ressortissants refoulés des États-Unis.
Dans une lettre ouverte, adressée au président de la République, cette organisation exprime sa stupéfaction et appelle à plus de transparence.
Si elle reconnaît la tradition d’hospitalité du pays, Justicia rappelle que la RDC en paie encore le prix depuis l’afflux de réfugiés consécutif au génocide rwandais de 1994.
« Plusieurs générations continuent d’en subir les conséquences »,
souligne-t-elle, pointant un manque d’encadrement international efficace.
L’ONG critique également des accords jugés opaques, conclus sans débat public ni validation parlementaire. Elle s’interroge sur l’identité des personnes concernées, leur statut, la durée de leur séjour et les bases légales de ces engagements.
Elle questionne en outre la responsabilité des États-Unis, estimant qu’ils disposent des moyens nécessaires pour gérer ces situations ou les confier à des agences onusiennes.
Plus largement, Justicia met en garde contre le risque de voir la RDC devenir un déversoir de populations rejetées ailleurs, au détriment de ses propres priorités. Elle rappelle qu’environ 15 millions de déplacés internes vivent déjà dans des conditions précaires, notamment à l’Est du pays en proie aux conflits armés.
Face à ces enjeux, l’organisation exige le respect strict de la Constitution et des lois nationales, et demande l’annulation de tout accord contraire aux intérêts du pays. Elle appelle enfin à une mobilisation citoyenne pour faire échec à une initiative qu’elle juge inopportune.
Rédaction
