À l’issue d’une visite hautement symbolique à Nkamba, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a annoncé, ce lundi 6 avril 2026, sa décision d’ériger cette cité emblématique du kimbanguisme en « ville sainte » de la République démocratique du Congo.
Une décision forte, prise à l’issue d’un échange qualifié de fructueux avec le chef spirituel de l’Église kimbanguiste. Dans la foulée, le chef de l’État a également rappelé la décision ayant conduit à décréter la journée du 6 avril comme fériée et chômée sur toute l’étendue du territoire national.
La visite présidentielle à Nkamba s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la journée du combat de Simon Kimbangu et de la conscience africaine, couplée au 105ᵉ anniversaire de l’Église kimbanguiste. Sur place, une atmosphère de fête et de ferveur a marqué l’événement.
Des milliers de fidèles, vêtus de vert et de blanc, ont convergé vers cette cité spirituelle, certains venus de la diaspora. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités politiques de premier plan, dont la Première ministre Judith Suminwa, ainsi que le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale.
L’annonce présidentielle vient ainsi consacrer une reconnaissance officielle d’un lieu déjà sacralisé dans les faits par ses fidèles.
Né en 1887 et décédé en 1951, Simon Kimbangu demeure une figure majeure de l’histoire religieuse et politique congolaise. Dès le 6 avril 1921, il affirme avoir reçu une révélation divine, marquée notamment par une guérison jugée miraculeuse à Nkiantondo.
Son message, rapidement perçu comme subversif par l’administration coloniale belge, s’inscrit également dans une dynamique d’émancipation et de résistance, faisant de lui un précurseur de la lutte pour l’indépendance.
Aujourd’hui, l’Église qu’il a fondée, officiellement dénommée depuis 1987 « Église de Jésus-Christ sur la Terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu », est dirigée par Simon Kimbangu Kiangani, en fonction depuis 2001.
Si cette décision présidentielle marque une avancée significative dans la reconnaissance du kimbanguisme, elle intervient toutefois dans un cadre constitutionnel précis : la République démocratique du Congo demeure un État laïc.
Ce principe implique la neutralité des institutions publiques vis-à-vis des confessions religieuses, tout en garantissant la liberté de culte. Dès lors, l’élévation de Nkamba au rang de « ville sainte » soulève, en filigrane, des interrogations sur l’équilibre entre reconnaissance des traditions religieuses nationales et respect du caractère laïc de l’État.
Rédaction.
