Le parti politique Ensemble pour la République a publié, ce vendredi 8 mai à Kinshasa, une déclaration politique intitulée « L’Appel du 8 mai », dans laquelle il s’oppose fermement à toute initiative visant une révision constitutionnelle en République démocratique du Congo.
Dans ce document signé par son directoire exécutif national, la formation politique dénonce ce qu’elle qualifie de « remise en cause du pacte républicain » après les récentes déclarations du président Félix Tshisekedi sur la Constitution. Le parti estime qu’une modification des dispositions verrouillées de la Loi fondamentale constituerait une menace pour l’alternance démocratique et la stabilité institutionnelle du pays.
Sous le thème « Congo : le pacte républicain est non négociable », Ensemble pour la République accuse le pouvoir en place de vouloir préparer un « glissement électoral » et une présidence prolongée au-delà des limites constitutionnelles.
Le texte évoque notamment l’article 220 de la Constitution, qui interdit toute révision concernant le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Le parti développe également un argumentaire juridique, soutenant que la souveraineté populaire ne peut être invoquée pour modifier des dispositions jugées intangibles.
Il cite aussi les articles 74, 164 et 165 de la Constitution relatifs au serment présidentiel et aux infractions de haute trahison.
Au-delà du débat constitutionnel, la déclaration critique la gouvernance actuelle sur les plans sécuritaire, social et économique.
Ensemble pour la République estime que les difficultés liées à l’insécurité dans l’Est du pays, au chômage des jeunes ou encore à la gestion des ressources minières ne découlent pas de la Constitution, mais plutôt de problèmes de gouvernance.
Le parti met également en garde contre « le tribalisme et la dérive dynastique », accusant le régime de transformer l’appareil d’État en « oligarchie clanique ». Il appelle à préserver l’unité nationale et le respect des principes républicains.
Dans sa conclusion, Ensemble pour la République appelle la population, l’opposition, la société civile ainsi que les forces de défense et de sécurité à défendre la Constitution et à s’opposer à toute tentative de révision des dispositions jugées intangibles.
Le parti réaffirme son attachement à l’alternance démocratique et insiste sur l’échéance électorale de 2028 comme cadre du prochain changement politique en RDC.
Franck YENGA
