Invité de l’émission Dialogue intercongolais du mercredi 13 mai 2026 sur Radio Okapi, le député national, professeur Patrick Matata Makalamba, élu de Kisangani, a réagi de manière musclée aux récentes déclarations du président français Emmanuel Macron.
Ce dernier s’est opposé aux sanctions collectives et individuelles contre le Rwanda et certains de ses dignitaires, et il a plaidé pour la reprise du dialogue entre Kinshasa et Kigali.
Alors que la RDC continue de faire face à une agression persistante dans sa partie Est, malgré les accords de paix conclus en juin et entérinés en décembre 2025 sous l’égide des États-Unis, Patrick Matata Makalamba a dénoncé, sur les ondes de la radio onusienne, ce qu’il qualifie de « deux poids, deux mesures » de certaines puissances occidentales, notamment la France.
Pour l’élu de Kisangani, il est incompréhensible que Paris appelle à éviter des sanctions contre Kigali, alors que l’Europe a massivement soutenu des mesures punitives contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine.
« Quand la Russie a agressé l’Ukraine, l’Europe a immédiatement imposé des sanctions économiques, diplomatiques et culturelles. Mais lorsqu’il s’agit de la RDC, certains deviennent hésitants. C’est une hypocrisie que nous dénonçons », a martelé Patrick Matata.
Réagissant aux propos d’Emmanuel Macron tenus à France 24 et RFI, en marge du sommet Forward Africa à Nairobi, le député congolais a estimé que les sanctions internationales ne sont pas incompatibles avec le dialogue, mais constituent, au contraire, un levier indispensable pour contraindre Kigali à respecter ses engagements.
« Il n’y a pas d’antinomie entre dialogue et sanctions. Les sanctions renforcent le dialogue et garantissent l’exécution des engagements pris », a-t-il insisté.
Patrick Matata a également rappelé que la RDC dispose aujourd’hui d’institutions « totalement légitimes » issues des élections de 2023, rejetant toute remise en cause de la légalité du pouvoir en place.
Selon lui, les accords de Washington, soutenus par l’administration américaine, ont permis de modifier progressivement le rapport de force sur le terrain grâce aux pressions diplomatiques et économiques exercées contre Kigali et les groupes armés affiliés.
« Grâce aux accords de Washington et au leadership américain, les lignes commencent à bouger en faveur de la RDC. On observe des retraits de troupes rwandaises et des reculs du M23 », a-t-il affirmé.
Le représentant du peuple a par ailleurs accusé le régime rwandais d’avoir multiplié, depuis plus de trois décennies, des engagements jamais respectés, malgré les nombreux dialogues régionaux et accords signés.
Face à ceux qui privilégient uniquement la voie diplomatique, Patrick Matata a défendu une approche combinant renforcement militaire, pression internationale et dialogue politique, tout en saluant les efforts diplomatiques du président Félix Tshisekedi auprès des dirigeants de la région, notamment en Ouganda.
Il sied de rappeler que ce débat intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques autour de la mise en œuvre de la résolution 2773 des Nations unies et des accords de Washington, alors que plusieurs voix en RDC réclament un durcissement des sanctions contre Kigali et ses alliés.
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