La Cloche du Congo | Le média qui vous permet de mieux comprendre l'actualité

La Cloche du Congo | Le média qui vous permet de mieux comprendre l'actualité

RDC: Mgr Donatien Nshole dénonce une « diversion » et met en garde contre les risques de balkanisation

Rédaction
0
La tension monte entre la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Union Sacrée de la Nation autour du débat sur une éventuelle chargement de la Constitution. 

Interpellé mardi soir lors d’un Space X (anciennement Twitter) animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, a vivement réagi au communiqué de l’Union Sacrée qui qualifiait la récente déclaration des évêques catholiques d’« acte de subversion ».

D’entrée de jeu, le prélat a exprimé son indignation face à la priorité accordée, selon lui, à cette polémique politique alors que le pays est confronté à des défis majeurs, notamment la situation sécuritaire et sanitaire.

« J’ai ressenti un sentiment de pitié en lisant cette déclaration de personnes censées s’occuper de la population, alors que le pays fait face à de graves préoccupations », a-t-il déclaré.

Mgr Nshole a également salué les membres de la majorité qui se sont désolidarisés du communiqué, tout en regrettant l’attitude de certains catholiques engagés en politique qu’il accuse d’avoir abandonné les valeurs de leur foi au profit du pouvoir.

Concernant la formulation utilisée par l’Union Sacrée évoquant « quelques évêques », le secrétaire général de la CENCO a dénoncé ce qu’il considère comme une « malhonnêteté intellectuelle ». Selon lui, tous les évêques présents lors de la réunion ayant adopté la déclaration étaient unanimes, rendant inappropriée toute tentative de minimiser la portée de leur position.

Le responsable de la CENCO a également rejeté les accusations de subversion portées contre l’Église catholique. Il estime que ces critiques visent davantage à détourner l’attention des véritables problèmes du pays.

« Accuser la CENCO de subversion est une diversion. L’Église est restée constante dans son discours, contrairement à certains acteurs politiques qui applaudissaient hier les mêmes prises de position lorsqu’elles visaient d’autres dirigeants », a-t-il affirmé.

Au-delà de la polémique, Mgr Nshole a insisté sur l’urgence de restaurer la paix et l’unité nationale. Il a rappelé que la mission première de l’Église demeure l’accompagnement du peuple congolais dans les moments difficiles et la recherche de solutions pour préserver l’intégrité du pays.

Abordant la question du référendum constitutionnel, le prélat a exprimé de vives inquiétudes quant à ses conséquences potentielles dans le contexte actuel de l’occupation de certaines parties de l’Est du pays par les groupes armés. Il a estimé qu’organiser une consultation populaire sans la participation effective des populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pourrait être interprété comme une reconnaissance implicite de leur exclusion du territoire national.

Dans ce cadre, Mgr Nshole s’est interrogé sur l’existence éventuelle d’arrangements politiques susceptibles de favoriser une forme de partition de fait du pays, une hypothèse qui, selon lui, mérite d’être examinée avec sérieux.

Rédaction
Tags

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires

Enregistrer un commentaire (0)

#buttons=(Ok, Go it!) #days=(20)

Our website uses cookies to enhance your experience. Check Out
Ok, Go it!