La Cloche du Congo | Le média qui vous permet de mieux comprendre l'actualité

La Cloche du Congo | Le média qui vous permet de mieux comprendre l'actualité

Tribune | Muyisa Christophe : « 66 ans après l'indépendance, la RDC doit engager son sursaut national »

Rédaction
0
Le 30 juin 2026 marque le 66ᵉ anniversaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo. Soixante-six années après l'accession du pays à sa souveraineté nationale et internationale, une question fondamentale s'impose : qu'avons-nous fait de cet héritage ?

À l'aube de son indépendance, le Congo figurait parmi les pays les plus prometteurs du continent africain. Malgré le manque de cadres nationaux expérimentés, le pays disposait d'importantes infrastructures, d'un potentiel économique considérable et d'une position stratégique qui lui offraient de réelles perspectives de développement.

Pourtant, six décennies plus tard, le constat est préoccupant. Alors que plusieurs nations, autrefois confrontées à des défis comparables ou même plus importants, ont réussi à bâtir des économies dynamiques et des institutions solides, la RDC peine encore à transformer son immense potentiel en prospérité pour sa population.

Aujourd'hui, le pays compte pourtant des milliers de professeurs, d'ingénieurs, de médecins, de juristes, d'économistes et d'experts dans presque tous les domaines. Malheureusement, une partie de cette élite met son savoir au service des intérêts particuliers plutôt que de l'intérêt général, alimentant les antivaleurs, la corruption, le clientélisme, le trafic d'influence et le culte de la personnalité.

Pendant ce temps, des pays comme Singapour, les Émirats arabes unis, le Rwanda, l'Éthiopie, l'Angola ou encore l'Ouganda ont engagé des réformes qui leur ont permis d'améliorer leur gouvernance, leurs infrastructures, leur système éducatif, leur économie et les conditions de vie de leurs populations.

En RDC, les insuffisances demeurent nombreuses : faibles investissements dans l'éducation, infrastructures routières insuffisantes, système de santé fragile, gouvernance contestée et persistance des conflits armés. Cette situation traduit, selon moi, un échec collectif. Mais cet échec ne constitue pas une fatalité.

Les 66 années écoulées doivent être considérées comme une période de transition, marquée par des crises politiques, des guerres, des rébellions, des difficultés économiques, des épidémies et des catastrophes naturelles. Il est désormais temps d'en tirer les leçons afin d'engager une véritable transformation nationale.

La classe politique congolaise porte une lourde responsabilité. Depuis plusieurs décennies, elle peine à proposer une vision capable de répondre aux aspirations du peuple. Les logiques de prédation, d'impunité et de partage des intérêts ont trop souvent pris le pas sur le sens de l'État et le leadership.

Pendant que les dirigeants se font soigner à l'étranger et y envoient leurs enfants étudier, les systèmes de santé et d'éducation du pays continuent de se dégrader. Cette contradiction illustre le manque d'engagement envers les services publics essentiels.

La jeunesse congolaise est la première victime de cette situation. Elle a grandi dans un contexte marqué par les guerres, l'insécurité, le chômage, les injustices sociales et les crises institutionnelles. Pourtant, malgré ces difficultés, elle continue de démontrer sa compétence, sa résilience et sa capacité à porter le changement.

Il est temps que cette jeunesse reprenne sa place dans la construction nationale. Cela suppose également la reconstruction des véritables contre-pouvoirs : universités, syndicats, société civile, médias et communautés religieuses, afin de restaurer l'équilibre démocratique et l'exigence de redevabilité.

Je demeure convaincu que l'avenir de la République démocratique du Congo est porteur d'espoir. Mais cet avenir exigera des sacrifices, du courage et une profonde transformation de notre manière de penser et d'agir.

Cette transformation repose sur cinq piliers :

- la révolution mentale et scientifique ;
- la révolution économique ;
- la révolution sociale ;
- la révolution culturelle ;
- la révolution politique.

À l'approche du centenaire de notre indépendance en 2060, nous avons encore la possibilité de bâtir un Congo fort, prospère et respecté.

J'invite particulièrement la jeunesse à devenir l'actrice principale de cette renaissance nationale. Personne ne construira notre pays à notre place.

Comme le rappelait Patrice Lumumba : « Sans la lutte, vous n'obtiendrez rien, ni maintenant, ni jamais. »

Que vive la jeunesse congolaise !

Que vive la République démocratique du Congo !

Bonne fête de l'indépendance à toutes et à tous.

Par Muyisa Christophe coordonnateur chargé du réseau mouvement citoyen Filimbi
Tags

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires

Enregistrer un commentaire (0)

#buttons=(Ok, Go it!) #days=(20)

Our website uses cookies to enhance your experience. Check Out
Ok, Go it!