L'enlèvement spectaculaire d'une dépouille suspectée d'être liée à Ebola provoque une vague d'indignation et de colère à Kisangani.
Mardi 28 juillet, des membres d'une famille de la commune de Kabondo ont forcé le portail de la morgue de l'Hôpital général de référence de Makiso avant d'emporter le corps à moto vers leur domicile, au mépris des consignes édictées dans le cadre de la riposte contre Ebola.
Selon les témoignages recueillis sur place, le corps était emballé dans les sacs de sécurité spécialement utilisés pour les enterrements sécurisés des victimes d'Ebola. Transportée à moto comme un simple colis, la dépouille a parcouru plusieurs artères de la ville, de la morgue de Makiso jusqu'à Kabondo, une scène qui a semé la stupeur et ravivé les inquiétudes quant aux risques de propagation de la maladie.
La vidéo de cet acte, largement relayée sur les réseaux sociaux, suscite une vive émotion au sein de l'opinion. Plusieurs acteurs politiques et membres de la société civile dénoncent un comportement qu'ils jugent extrêmement dangereux pour la riposte contre Ebola.
Parmi les premières voix à s'élever figure celle du député provincial Dr Aimé Eyane, élu du territoire d'Opala. Le représentant du peuple condamne fermement cet acte, qu'il considère comme une grave menace pour la santé publique, et appelle les autorités à agir avec la plus grande fermeté.
Dans une déclaration, il affirme :
« Ebola dans la Tshopo: Les membres de famille d’une personne décédée par la maladie à virus Ebola viennent de casser le portail de la morgue de l’Hôpital général de référence de Makiso et ont emporté le corps à la maison. Nous demandons aux autorités politico judiciaires ainsi qu’aux services de sécurité de s’impliquer activement pour réprimer ces genres de comportements qui contribuent à la propagation de la maladie dans la ville. Enjeux de santé publique. »
L'honorable Aimé Eyane invite les autorités politico-judiciaires et les services de sécurité à identifier les auteurs de cet acte et à leur infliger des sanctions exemplaires, estimant qu'aucune complaisance ne peut être tolérée face à des comportements susceptibles de compromettre les efforts engagés pour contenir l'épidémie d'Ebola dans la ville de Kisangani.
Rédaction
