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Maniema : Moussa Kabwankubi présente aux ressortissants du Maniema vivant à Kisangani les défis hérités et les réalisations de deux ans de mandat

Rédaction
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En séjour à Kisangani, le gouverneur du Maniema, Moussa Kabwankubi Moïse, a échangé, mardi 18 août 2026, avec les ressortissants de sa province vivant dans la ville de Kisangani.

Organisée par la Dynamique pour l’unité des ressortissants du Maniema (DUREMA), cette rencontre a permis à l’autorité provinciale de revenir sur la situation qu’elle dit avoir trouvée à son arrivée à la tête de la province en 2024, avant de présenter les réponses apportées par son gouvernement ainsi que les réalisations enregistrées en deux ans de mandat.

Selon Moussa Kabwankubi, son gouvernement a hérité d’une province confrontée à une insécurité préoccupante. À Kindu, plus de 20 cas de braquage étaient, affirme-t-il, enregistrés quotidiennement. À cela s’ajoutaient plus de 200 barrières illégales, devenues des points de tracasserie pour la population.

Le gouverneur a également évoqué la cherté de la vie. À Kindu, le sac de ciment atteignait 37 dollars, l’essence 6 000 francs congolais, le mazout 7 000 francs, tandis qu’une poule locale pouvait coûter jusqu’à 60 000 francs. Une bouteille d’eau se négociait autour de 3 000 francs, contre 15 000 francs pour une bouteille de bière.

À ces difficultés s’ajoutaient, poursuit-il, l’absence d’un véritable tissu d’entreprises privées, une régie financière fortement politisée, une faible mobilisation des recettes, une production insuffisante d’eau potable à Kindu ainsi qu’un taux d’accès à l’électricité estimé à seulement 2 %.

Le désenclavement constituait également l’un des principaux handicaps au développement du Maniema. Plusieurs territoires restaient difficilement accessibles, tandis que l’état des routes et des infrastructures ferroviaires freinait les échanges commerciaux et l’acheminement des produits de première nécessité.

Face à l’insécurité, le gouvernement provincial a engagé une stratégie basée notamment sur le système « Nyumba Kumi » et les initiatives communautaires d’autosécurisation. Le gouverneur a cité les expériences menées dans certains quartiers de Kindu, avec l’ambition de les étendre à d’autres zones.
Sur le plan institutionnel, il affirme également travailler au renforcement de la collaboration entre le gouvernement provincial et l’Assemblée provinciale afin de consolider la stabilité politique.

Mais la priorité affichée reste le désenclavement. Pour financer les travaux routiers, la province a instauré une taxe conventionnelle sur certains produits miniers, pétroliers et autres. Cette mesure permettrait de mobiliser entre 300 000 et 350 000 dollars par mois et de porter les recettes mensuelles à environ 400 000 à 500 000 dollars, contre 50 000 à 60 000 dollars auparavant.

Un compte spécial, dont les retraits nécessitent quatre signatures, a également été créé afin de sécuriser ces ressources.
Grâce à ce mécanisme, près de 500 kilomètres de routes en terre ont été réhabilités en 2025, notamment à Pangi, Kailo, Punia et Lubutu. Le gouverneur a particulièrement cité l’axe Pangi–Nyoka–Sabiazo, où les véhicules ont recommencé à circuler après plusieurs décennies d’isolement.

L’ambition affichée est de relier, d’ici 2027, tous les chefs-lieux des territoires au chef-lieu de la province, avant de poursuivre le désenclavement jusqu’aux groupements.
La route Kisangani–Ubundu au cœur des échanges

Dans cette bataille contre l’enclavement, la route Kisangani–Ubundu occupe une place stratégique. Moussa Kabwankubi a salué la coopération entre la Tshopo et le Maniema et insisté sur la nécessité de rendre cet axe praticable afin de faciliter l’acheminement des produits nécessaires à l’économie de sa province.

Pour lui, cette route doit notamment permettre l’arrivée des engins et des matériaux indispensables au développement du Maniema et contribuer à réduire le prix des matériaux de construction, avec l’objectif de ramener notamment le prix du sac de ciment à environ 20 dollars.

Sur le plan économique, l’exécutif provincial entend mieux exploiter les potentialités minières et agricoles du Maniema. Le gouverneur a annoncé la création envisagée d’une entreprise minière spécialisée dans le cuivre, d’une entreprise agricole sur environ 3 000 hectares ainsi que d’une structure chargée de valoriser les crédits carbone.

La province entend également relancer la mine de Namoya et mieux encadrer ses ressources minières. Moussa Kabwankubi affirme que la production et l’exportation de l’or ont fortement progressé, avec l’objectif d’atteindre deux tonnes cette année.
Le cuivre de Lubutu figure également parmi les ressources que la province souhaite davantage valoriser.

La réforme de la régie financière fait partie des autres chantiers. Elle bénéficie, selon le gouverneur, de l’accompagnement de la Banque mondiale, notamment pour instaurer davantage de professionnalisme dans le recrutement.

Désenclavement ferroviaire et aérien
Pour sortir durablement le Maniema de son isolement, des discussions sont également engagées avec la Tanzanie autour de la réhabilitation de la voie ferrée Kindu–Kalemie et de son prolongement vers la Tanzanie. La province envisage par ailleurs l’acquisition d’environ quatre locomotives.

Moussa Kabwankubi a également annoncé des démarches pour obtenir une liaison aérienne directe entre Kindu et Dar es-Salaam, tout en poursuivant les efforts en faveur de la construction du pont Lundi.
À Kindu, l’objectif annoncé est aussi d’améliorer la voirie urbaine, conformément à l’engagement du chef de l’État en faveur de la modernisation de 50 kilomètres de routes au Maniema.

Le gouvernement provincial affirme également agir dans le secteur de l’éducation. Quelque 11 000 tôles ont été distribuées aux écoles, tandis qu’un système de récompense des meilleurs lauréats est envisagé.
Le gouverneur a notamment évoqué l’octroi de bourses à 14 meilleurs lauréats issus des sept territoires et à trois autres de la ville de Kindu. Des réformes sont également annoncées afin de relever le niveau de l’enseignement dans la province.

Cette présentation de l’autorité provinciale a été suivie d’un échange direct avec les ressortissants du Maniema, qui ont posé plusieurs questions au gouverneur sur la situation et les perspectives de développement de leur province.
La rencontre s’est achevée dans une ambiance conviviale.

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