Trente et un détenus, dont quatre femmes, de la prison centrale de Kisangani ont recouvré la liberté ce vendredi 25 septembre, dans le cadre d’une opération de désengorgement et de correction de certaines irrégularités constatées dans les détentions.
Une démarche portée par le nouveau procureur général près la cour d’appel de la Tshopo, Raymond Kalonda, qui fait du contrôle de la légalité et de l’application des peines l’une de ses priorités majeures.
La libération concerne notamment des détenus poursuivis pour des faits considérés comme bénins, mais aussi des personnes ayant déjà entièrement purgé leur peine et qui demeuraient encore en détention en raison de difficultés administratives.
Pour le procureur général près la cour d’appel de la Tshopo, cette opération découle directement des vérifications effectuées sur place après sa récente prise de fonctions.
« Nous sommes ici, c’est pour appliquer la loi. Nous venons de prendre nos fonctions dans cette ville il y a peu. Et parmi les attributions du procureur général près la cour d’appel, il y a aussi des attributions qui concernent le contrôle de la légalité, il y a aussi le contrôle de l’application de la peine. C’est dans ce cadre-là que nous avons trouvé une priorité que de visiter la prison centrale de Kisangani. »
Le contrôle du registre des détenus a notamment permis d’identifier des personnes ayant déjà purgé leur peine, mais maintenues en détention faute de réquisitions à fin d’emprisonnement. Le PG a également relevé la forte surpopulation de l’établissement, construit pour accueillir environ 500 prisonniers, alors que sa capacité est aujourd’hui largement dépassée.
« Nous ne sommes pas venus pour libérer des criminels, nous sommes venus juste dans une politique de désengorgement de la prison pour des prévenus qui n’ont pas commis des faits graves et ceux qui ont purgé complètement leur peine, mais qui sont restés en prison à cause d’une erreur administrative. Nous avons aussi corrigé cette erreur-là. »
Cette opération vise ainsi à renforcer la régularité des détentions, à désengorger la prison centrale de Kisangani et à contribuer à l’humanisation des conditions carcérales.
Avant la cérémonie de libération, le ministre provincial de la Justice et de l’Intérieur, Michel Bakay, accompagné du procureur général Raymond Kalonda et d’autres responsables du secteur de la justice, a visité les différents compartiments de l’établissement. Des pavillons des femmes et des enfants à celui des hommes, le ministre a recueilli les principales préoccupations liées aux conditions de détention et au fonctionnement de la prison.
Lors de la cérémonie, Michel Bakay a appelé les bénéficiaires à tirer les leçons de leur passage en détention, à changer de comportement et à éviter toute récidive. Un à un, les 31 détenus ont ensuite été appelés pour recevoir leurs documents de sortie, avant de quitter l’établissement. Pour plusieurs d’entre eux, cette libération marque surtout le retour auprès de leurs familles.
Cette opération marque, selon l’esprit de la démarche engagée, la volonté du nouveau procureur général près la cour d’appel de la Tshopo de renforcer le respect de la loi, la régularité des détentions et l’application des orientations de sa hiérarchie.
Rédaction
