Dans un communiqué publié à Kinshasa le 28 octobre 2026, le mouvement citoyen Filimbi met en garde contre l’escalade des tensions entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.
Face à la crise sécuritaire et politique que traverse la République démocratique du Congo, il plaide pour un dialogue véritablement inclusif, rejette le recours aux armes et appelle les dirigeants à privilégier l’intérêt national.
Le mouvement citoyen Filimbi hausse le ton face aux tensions politiques qui secouent la République démocratique du Congo. Dans un communiqué rendu public ce mercredi 28 octobre à Kinshasa, l’organisation estime que l’avenir de plus de cent millions de Congolais ne doit pas être compromis par les rivalités entre le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila.
Filimbi s’inquiète notamment de la sortie médiatique de Joseph Kabila, le 9 octobre 2026, suivie de son implication à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté dans le communiqué comme un mouvement politico-militaire. L’organisation citoyenne évoque également les déclarations de Félix Tshisekedi devant les parlementaires de l’Union sacrée, particulièrement celles relatives à la Constitution et à son prédécesseur.
Pour Filimbi, ces développements témoignent d’une escalade préoccupante, susceptible d’aggraver les tensions dans un pays déjà confronté à de multiples défis.
Dans son analyse, le mouvement citoyen déplore que la RDC donne l’impression d’être prise en otage par un affrontement entre deux figures majeures de la vie politique nationale.
Alors que les rivalités s'intensifient, Filimbi rappelle que les populations de l’Est continuent de subir les conséquences de l’insécurité, entre déplacements forcés, pertes en vies humaines et souffrances sociales. L’organisation estime que les urgences nationales devraient davantage mobiliser les dirigeants que les confrontations politiques.
« La RDC vaut infiniment plus que Félix Tshisekedi, Joseph Kabila ou n’importe quel autre dirigeant », souligne le mouvement, qui rejette toute prétention d’un individu, d’un parti ou d’un mouvement armé à incarner, à lui seul, l’ensemble de la nation congolaise.
Face à cette situation, l’organisation citoyenne réaffirme son opposition à la violence armée comme moyen de conquête du pouvoir ou de règlement des différends politiques.
Elle estime qu’aucun désaccord, aussi profond soit-il, ne peut justifier une aventure militaire dont les populations civiles demeurent les premières victimes. Pour Filimbi, l’alternance politique doit impérativement passer par des voies pacifiques, démocratiques et conformes aux principes de l’État de droit.
Le mouvement appelle ainsi toutes les parties impliquées dans les hostilités à privilégier une solution politique et à mettre fin aux violences.
Au-delà du rejet de la violence, Filimbi plaide pour l’organisation d’un dialogue sincère, crédible et réellement inclusif. Celui-ci ne devrait, selon l’organisation, servir ni à légitimer le pouvoir en place ou la lutte armée, ni à organiser un simple partage des responsabilités entre les élites politiques.
Le mouvement souhaite que les forces politiques de la majorité et de l’opposition, les organisations de la société civile, les mouvements citoyens, les confessions religieuses, les femmes, les jeunes ainsi que les communautés touchées par les conflits soient associés aux discussions.
La gouvernance, la sécurité, le respect de la Constitution, les libertés publiques et la cohésion nationale figurent parmi les questions que Filimbi estime indispensables d'aborder sans tabou.
Pour l’organisation, le dialogue ne signifie ni renoncement aux convictions ni absolution des responsabilités. Il doit plutôt permettre de rechercher une issue politique dans l’intérêt supérieur de la nation.
Dans son communiqué, Filimbi interpelle directement Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, les invitant à sortir des logiques de confrontation personnelle, de revanche et de démonstration de force.
Le mouvement demande au chef de l’État de garantir le respect de l’ordre constitutionnel et de veiller à ce que ses déclarations et ses décisions contribuent à l’apaisement des tensions.
À l’ancien président Joseph Kabila, il rappelle que son expérience à la tête du pays devrait l’inciter à privilégier une solution politique et pacifique plutôt qu’à s’engager dans une dynamique politico-militaire.
Filimbi appelle, par ailleurs, les responsables politiques, les militants, les médias et les utilisateurs des réseaux sociaux à rejeter les discours de haine, les injures et toute forme de rhétorique susceptible d’attiser les divisions ou d’encourager la violence.
Le mouvement citoyen adresse également un message à la population congolaise, particulièrement aux jeunes, qu’il invite à ne pas se laisser enfermer dans une opposition entre les partisans de Félix Tshisekedi et ceux de Joseph Kabila.
Filimbi estime que les citoyens ne doivent pas devenir les instruments des ambitions de ceux qui se disputent le pouvoir. Il les encourage à défendre leurs libertés, à exiger des comptes de tous les dirigeants, sans distinction de camp, et à privilégier la mobilisation pacifique, l’organisation collective et le contrôle de l’action publique.
Pour l’organisation, l’avenir du pays doit être déterminé par la volonté souveraine du peuple congolais, et non par les intérêts particuliers de quelques acteurs politiques.
« La République avant les individus »
En conclusion, Filimbi met en garde contre les risques d’une nouvelle escalade militaire, d’une crise institutionnelle supplémentaire et d’une paralysie durable de l’action publique.
Le mouvement estime qu’aucune paix durable ne peut être construite sur la violence, l’exclusion ou l’humiliation. Il appelle ainsi les dirigeants à dépasser leurs intérêts immédiats pour placer la nation au-dessus de leurs différends.
« La République avant les individus, la paix avant les ambitions, le peuple avant les clans ! », insiste l’organisation citoyenne, qui rappelle que la RDC appartient à l’ensemble de ses citoyens.
À travers cette prise de position, Filimbi défend une ligne axée sur la responsabilité politique, le dialogue inclusif et le rejet de la violence, dans un contexte national marqué par des tensions politiques et une situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays.
Franck Yenga
