La société civile du Haut-Uele a décidé de sortir de son silence face à la montée inquiétante de l’insécurité dans la ville d’Isiro. Ce vendredi 22 août 2025, une émission enregistrée derrière la poste d’Isiro a réuni le président provincial de la société civile forces vives, l’abbé Georges Semede, et le président de la société civile du Congo/Haut-Uele, Gary Lituta.
Ensemble, ils ont dénoncé avec force la recrudescence des attaques armées et appelé les autorités à prendre leurs responsabilités.
Selon la société civile, plusieurs quartiers de la ville, notamment Ndubala 1, Kin Laba, Tic-Tac, Teli ainsi que le centre-ville près du bâtiment de la SONAS, ont récemment été la cible de braquages à mains armées.
Dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 août, des hommes armés de guerre ont coordonné des opérations criminelles, emportant des biens de valeur et d’importantes sommes d’argent.
« Nous rappelons que le rôle premier de la Police nationale congolaise est de protéger la population et ses biens. L’insécurité n’a jamais été une préoccupation centrale dans notre province, mais aujourd’hui, elle s’impose comme une urgence », a déclaré l’abbé Georges Semede.
Il a mis en garde toutes les personnes impliquées dans ces violences et averti que la société civile n’hésitera pas à organiser des actions citoyennes si une solution rapide n’est pas trouvée.
Pour sa part, Gary Lituta a insisté sur la nécessité pour le gouvernement provincial de dresser un inventaire exhaustif de toutes les armes circulant dans la ville, afin de garantir leur traçabilité et de mettre fin à leur usage abusif.
Les leaders de la société civile ont demandé au gouverneur Jean Bakomito Gambu d’interpeller les responsables des forces de défense afin qu’ils rendent compte de leurs effectifs, y compris ceux affectés dans des coopératives privées, et de redéployer les policiers actuellement mobilisés ailleurs pour sécuriser efficacement la population d’Isiro.
« La sécurité est une affaire de tous, mais elle doit avant tout être assurée par l’État », a martelé l’abbé Georges Semede.
À la suite de ces dénonciations et des multiples plaintes de la population, le conseil provincial de sécurité, réuni vendredi, a annoncé deux mesures principales :
le lancement de patrouilles mixtes police-armée pour pallier le faible effectif de la PNC,
l’implication accrue de la population dans la surveillance des quartiers, en collaboration avec les services de sécurité.
La société civile appelle enfin le gouverneur à faire de la sécurité une priorité absolue dans sa gestion, estimant que sans paix ni protection des citoyens, aucun développement n’est possible dans le Haut-Uele.
Generose Amisi
