De retour à Kisangani après un séjour officiel à Kinshasa, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Dr Mateus Kanga Londimo, a tenu à clarifier les contours de l’acte d'engagement conclu avec l’exécutif provincial.
Sur le tarmac de l’aéroport international de Bangoka, face à la presse, le président de l’organe délibérant a précisé qu’il ne s’agit pas d’un accord de paix, mais d’un acte d’engagement visant à garantir la stabilité des institutions provinciales.
Accueilli par les agents de l’Assemblée et plusieurs proches collaborateurs, Mateus Kanga est revenu sur une séquence qui a alimenté rumeurs et interprétations dans la province sur cet acte d'engagement.
Selon lui, le déplacement à Kinshasa répondait à une invitation de la hiérarchie nationale et visait à remettre les institutions provinciales sur les rails.
« Nous étions partis répondre à l’invitation de la hiérarchie. Les engagements pris doivent permettre à la province de repartir sur une nouvelle base. »
Le président de l’Assemblée balaie ainsi l’idée d’un “accord de paix”, qu’il juge inappropriée et source de confusion. Il rappelle que les divergences entre institutions ne sauraient être assimilées à une guerre.
« Il n’a jamais été question d’un accord de paix, puisqu’il n’y a jamais eu la guerre. Les différends institutionnels ne sont pas une guerre. »
L’acte signé à Kinshasa engage l’Assemblée provinciale, l’exécutif, ainsi que la notabilité, représentée par les députés et ministres nationaux originaires de la Tshopo. Le processus s’est déroulé sous l’égide du ministre Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, avec l’implication des services de la présidence de la République.
L’objectif affiché est clair : garantir le respect des textes légaux et prévenir toute crise persistante, susceptible d’entraîner des mesures prévues par la Constitution, notamment la dissolution de l’Assemblée provinciale ou le départ du gouverneur.
« Nous nous sommes engagés à éviter tout ce qui peut freiner la bonne marche des institutions et à prévenir une crise persistante qui pourrait justifier des mesures extrêmes prévues par la Constitution. »
Mateus Kanga se veut rassurant : aucun pouvoir de l’Assemblée n’a été cédé. L’organe législatif conserve pleinement ses missions de contrôle, de législation et de représentation.
Dans cette logique, le gouverneur s’est engagé à se soumettre au contrôle parlementaire. Toute initiative future dépendra des conclusions de ce contrôle, précise-t-il.
« L’Assemblée continue de garder toutes ses prérogatives. Aucune n’a été cédée. Nous avons simplement choisi d’éviter une crise persistante. »
Sur le dossier judiciaire ayant opposé l’Assemblée à l’exécutif, le président annonce un désengagement clair. L’institution qu’il dirige n’entend plus interférer dans les procédures en cours.
Le réquisitoire est désormais entre les mains du procureur général près la Cour de cassation. Pour l’Assemblée, le dossier est clos à son niveau et la suite relève exclusivement de la justice.
En filigrane, Mateus Kanga appelle la population de la Tshopo à continuer à faire confiance à ses représentants. Il assure que les décisions prises visent l’intérêt supérieur de la province.
« À ce jour, l’Assemblée n’a plus de dossier contre l’exécutif provincial. Tout ce qui devait être fait l’a été. En prenant cet acte d’engagement, nous n’avons ni trahi la population ni blanchi qui que ce soit. »
Enfin, le président de l’Assemblée a indiqué qu’il entend désormais se consacrer à la mise en œuvre des engagements pris, dans l’intérêt de la stabilité institutionnelle de la province.
Rédaction
