Le directeur général de la Direction générale des recettes non fiscales de la Tshopo (DGRNFPT), André Bombondo Botate Mbula, a animé sa toute première matinée fiscale ce lundi 23 mars 2026.
Presque tous les agents et cadres de ce service public provincial récemment créé ont pris part à cette rencontre, organisée dans l’enceinte de la DGRNFPT. L’objectif était clair : remettre de l’ordre, restaurer la discipline et repositionner la régie comme un véritable moteur financier de la province.
D’entrée de jeu, le DG a rappelé le cadre légal et institutionnel des régies financières provinciales en République démocratique du Congo. S’appuyant sur la Constitution et les lois en vigueur, il a insisté sur l’autonomie financière des provinces et sur le rôle central des régies, à savoir l’exécution du budget en recettes à travers le contrôle,
l’ordonnancement et le recouvrement des droits, taxes et redevances.
Dans la foulée, André Bombondo Botate Mbula a dressé un tableau alarmant des mauvaises pratiques héritées de l’ancienne régie : fraude, indiscipline, tribalisme, détournements, usurpation de pouvoir, ainsi que le non-respect de la hiérarchie et de l’ordre de commandement.
Le directeur général est également revenu sur une affaire qui a récemment défrayé la chronique : celle des 11 milliards de francs congolais initialement considérés comme non retracés. Selon lui, les enquêtes internes ont finalement révélé un manque à gagner avoisinant 24 milliards de francs congolais.
Dans ce dossier, 48 agents ont été suspendus pour diverses irrégularités, notamment l’usage de faux documents et le non-versement des fonds perçus.
Face à cette situation, le DG annonce une rupture nette. La DGRNFPT entre désormais en phase de réforme, avec une assignation mensuelle fixée à 3 milliards de francs congolais, un objectif que la régie entend dépasser.
Dans cette dynamique, deux opérations phares ont été lancées : « finie la récréation », visant à éradiquer les mauvaises pratiques, et « faites payer tout et faites entrer tout », pour garantir la traçabilité intégrale des recettes.
Par ailleurs, André Bombondo Botate Mbula s’emploie à mettre fin à la pratique dite du « 50-50 », jugée préjudiciable aux finances publiques au profit de certains contribuables.
À ce titre, il a annoncé une politique de tolérance zéro à l’égard des agents impliqués dans des antivaleurs qui privent la province de ressources importantes. Il a également insisté sur une gestion désormais axée sur les résultats, la rigueur, ainsi que le respect strict de l’éthique et de la déontologie professionnelle.
Au-delà de l’administration interne, le DG appelle à une prise de conscience collective. Aux agents, il exige professionnalisme et performance ; à la population, il demande confiance et civisme fiscal, condition essentielle pour permettre à l’exécutif provincial de mettre en œuvre sa politique de développement.
Cette première matinée fiscale s’est clôturée par une séance de questions-réponses, à la grande satisfaction des agents et cadres présents.
Rédaction
