Lors d’une plénière tenue ce mardi 21 avril 2026 à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, le député provincial, docteur Aimé Eyane, élu du territoire d’Opala, a présenté une proposition d’édit ambitieuse visant à renforcer la mobilisation des ressources financières en faveur de la vaccination dans la province.
Face aux élus, l’initiateur du texte a dressé un constat préoccupant : la Tshopo figure parmi les provinces les plus vulnérables aux maladies évitables par la vaccination.
En cause, une couverture vaccinale extrêmement faible et un nombre alarmant d’enfants dits « zéro dose », estimé à plus de 50 000 en 2025.
« La province de la Tshopo est aujourd’hui classée parmi les dernières du pays, avec à peine 6 % d’enfants de 12 à 23 mois complètement vaccinés », a-t-il souligné.
Dans son intervention, l’honorable Aimé Eyane a détaillé les nombreux obstacles qui freinent l’accès à la vaccination dans la Tshopo.
Il s’agit notamment de l’insuffisance des infrastructures sanitaires, de l’enclavement de certaines zones, des résistances socioculturelles, de la faible sensibilisation des communautés, ainsi que des difficultés logistiques liées à la chaîne du froid.
À cela s’ajoutent des contraintes structurelles, notamment l’insuffisance de financements durables, les ruptures récurrentes de stocks de vaccins et la faible motivation du personnel de santé.
Cette situation a pour conséquence directe d’exposer la province à la circulation de maladies telles que la poliomyélite, nécessitant régulièrement des campagnes de riposte d’urgence.
Pour l’élu d’Opala, médecin de formation, la solution passe par un changement de paradigme. Il a insisté sur la nécessité pour la Tshopo de réduire sa dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs en matière de financement du système de santé.
« Il est temps de mettre en place des mécanismes locaux capables de garantir un financement pérenne de la vaccination », a-t-il plaidé.
Sa proposition d’édit vise ainsi à instaurer un cadre légal et stratégique permettant de mobiliser des ressources provinciales, d’assurer une meilleure distribution des vaccins et de renforcer durablement le Programme élargi de vaccination.
Le texte prévoit notamment la création d’un établissement public provincial dénommé Fonds de soutien à la vaccination, chargé de la gestion des ressources, de la maintenance de la chaîne du froid et de l’appui logistique aux campagnes vaccinales, a précisé le député Aimé Eyane.
Structurée en trois chapitres, la proposition d’édit définit les principes généraux, les sources de financement ainsi que les modalités de gestion du fonds. Elle prévoit également la prise d’un arrêté provincial dans un délai de trois mois après la promulgation de cet édit, afin d’encadrer son fonctionnement.
Afin d’affiner ce dispositif, Aimé Eyane a sollicité la mise en place d’une commission mixte regroupant des experts de l’Assemblée provinciale et de l’exécutif.
S’inscrivant dans la dynamique du réseau des parlementaires congolais engagés pour la vaccination, dont il est membre, le député docteur Aimé Eyane a rappelé les engagements pris lors du Forum national de la vaccination en 2019 à Kinshasa, en présence du chef de l’État.
En conclusion, il a invité ses collègues députés à enrichir le texte par des amendements, afin d’aboutir à un instrument juridique « efficace et adapté aux réalités de la province ».
« Cette proposition est perfectible. J’en appelle à vos contributions pour en faire un véritable levier de protection de nos enfants », a-t-il conclu.
Après les débats des groupes parlementaires, ce texte a été jugé recevable et renvoyé en commission pour toilettage et enrichissement avant son vote final.
Rédaction.
