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RDC : depuis Makala, Chançard Bolukola rétablit sa vérité sur la gestion du FRIVAO et appelle à une justice équitable et humaine

Rédaction
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Depuis sa cellule à la prison centrale de Makala, l’ancien coordonnateur national intérimaire du FRIVAO, Chançard Bolukola, sort de son silence, en rédigeant une lettre explosive. 

Rédigée à la main sur six pages, dans l’isolement d’une cellule de la prison centrale de Makala, la lettre de Chançard Bolukola Osony, ancien coordonnateur national intérimaire du Fonds spécial de répartition et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’armée ougandaise en RDC (FRIVAO), s’apparente à un document à la fois politique, judiciaire et profondément humain.

Datée du 19 avril 2026 et adressée au chef de l’État, mais également à la Première Dame, à la Première ministre, au ministre de la Justice et Garde des Sceaux, aux parlementaires de la Tshopo, aux magistrats ainsi qu’aux victimes de la Guerre de Six Jours, cette correspondance suscite une vive émotion et interpelle sur plusieurs plans.

L’ancien coordonnateur national intérimaire du FRIVAO débute sa lettre en revenant sur les circonstances de son arrestation, évoquant le calvaire qu’il affirme avoir traversé, ainsi que les conditions dans lesquelles il a été traité jusqu’à son transfert à la prison centrale de Makala.

Il décrit ensuite une dégradation préoccupante de son état de santé après neuf mois de détention sans jugement, dans un contexte où le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo affiche une volonté claire de faire de la RDC un État de droit.

Il évoque un affaiblissement physique inquiétant, allant jusqu’à craindre la perte de l’usage de son oreille droite. Il revient également sur un épisode critique de son hospitalisation à la clinique Ngaliema, où il affirme avoir frôlé la mort : « Après quarante et un jours passés à la clinique, dont un séjour en urgence où j’ai sombré dans une profonde détresse, j’ai été transféré à Makala alors que j’étais encore sous perfusion. Mon état n’a jamais justifié un tel traitement. »

Au-delà de ce témoignage personnel, Chançard Bolukola dénonce l’absence d’une enquête approfondie dans son dossier, ainsi que le rejet systématique de ses demandes de liberté provisoire, malgré un état de santé jugé préoccupant.

Sur le fond, l’ancien coordonnateur entreprend de déconstruire, point par point, les accusations de mauvaise gestion portées contre lui, qu’il estime infondées.
Concernant le fichier des victimes, élément central du dispositif d’indemnisation, il met en lumière plusieurs incohérences : 

« Notre équipe avait procédé au déclassement de plus de 2 200 personnes pour irrégularités avérées. Comment expliquer aujourd’hui la présence persistante de centaines de noms problématiques dans le fichier actuel ? Et que dire des 799 bénéficiaires inscrits mais jamais présentés pour percevoir leurs 2 000 dollars ? »

Autre point sensible est le projet documentaire controversé. Chançard Bolukola conteste fermement les montants avancés dans l’espace public, notamment par certaines sources relayées dans les médias :
« Contrairement aux allégations relayées, le contrat ne portait pas sur 1,6 million de dollars. Il s’élevait à 640 000 dollars hors taxes pour un film documentaire de 1 heure 14 minutes, officiellement projeté devant les autorités et la presse. Parler d’un court-métrage de six minutes relève de la désinformation. »

S’agissant des questions financières liées notamment à l’achat de 20 parcelles à Mutumbe, dont un montant de 19 000 dollars fait l’objet de critiques, il défend la traçabilité des dépenses : « Le montant de 19 000 dollars évoqué dans certains griefs correspond à des frais d’avocats, à des commissions d’intermédiaires et à des charges administratives liées aux mutations. Tout est documenté et vérifiable. »

Dans une adresse directe aux magistrats et au ministre de la Justice, Chançard Bolukola adopte un ton à la fois ferme et mesuré. Il rejette toute idée de faveur, tout en exigeant le respect strict des principes de justice : « Je ne sollicite ni complaisance ni compassion aveugle. Je demande une justice droite, fondée sur des preuves vérifiées et des faits établis. »

Il exprime également une inquiétude majeure : celle d’une possible manipulation de son dossier durant sa détention : « Je crains que des éléments aient été ajoutés ou soustraits dans le but de me nuire. Mon droit le plus élémentaire est d’être jugé sur la vérité, et non sur des constructions opportunistes. »

La lettre se distingue aussi par la diversité de ses destinataires, chacun étant interpellé avec une tonalité spécifique.

À la Première Dame, il lance cet appel :
« J’en appelle à votre sensibilité de mère, afin que mon dossier soit examiné avec humanisme et profondeur. »
Aux élus de la Tshopo, il rappelle leur responsabilité politique : « Vous êtes les garants de la vérité pour les populations que vous représentez. Ce dossier concerne directement vos électeurs et leur droit à une indemnisation juste. »

Enfin, aux victimes elles-mêmes, il adresse un message de solidarité et de fidélité à leur combat : « Je ressens votre douleur lorsque vous descendez dans la rue pour réclamer vos droits. Ce combat est aussi le mien. Certains peuvent douter, mais je demeure convaincu qu’un jour, la vérité triomphera et que justice vous sera rendue. »

Une conclusion sous le signe de la résilience
Malgré la maladie et l’incarcération, Chançard Bolukola refuse toute résignation. Sa lettre se clôt sur une affirmation de résistance morale et de fidélité à son engagement : 

« Cette lettre n’est pas un testament. Je refuse d’abandonner. J’ai servi avec sincérité, avec mes forces et mes limites, mais toujours avec un cœur engagé pour la cause des victimes. »

Signée de son nom complet, il conclut en invoquant sa foi en Dieu et en la justice de son pays.

Rédaction.

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