Le mouvement citoyen FILIMBI a exprimé sa « plus vive indignation » après les déclarations du président Félix Tshisekedi lors de son point de presse tenue le 6 mai 2026.
Dans communiqué, l’organisation accuse le chef de l’État de préparer l’opinion à un éventuel glissement électoral ainsi qu’à une remise en cause de la Constitution congolaise.
FILIMBI affirme que les propos du Président sur un possible troisième mandat constituent « une dérive constitutionnelle dangereuse ».
Le mouvement fait notamment référence à la déclaration de Félix Tshisekedi selon laquelle il accepterait un troisième mandat « si le peuple le souhaite ». Pour cette structure citoyenne, cette position ouvre la voie à une tentative de modification opportuniste de la Constitution et à une prolongation du pouvoir au-delà des limites prévues par la loi fondamentale.
Le mouvement rappelle que la Constitution de la République démocratique du Congo limite le mandat présidentiel à deux mandats et considère cette disposition comme un « verrou démocratique essentiel ».
FILIMBI souligne également ce qu’il qualifie de contradiction politique, rappelant que Félix Tshisekedi s’était opposé par le passé à toute idée de révision constitutionnelle sous l’ancien président Joseph Kabila.
Dans son communiqué, Filimbi rejette également toute éventualité de report de l’élection présidentielle de 2028 en raison de la guerre dans l’Est du pays.
Le mouvement estime que les souffrances des populations affectées par le conflit ne doivent pas servir d’argument pour prolonger le maintien au pouvoir.
L’organisation critique aussi le bilan socio-économique du gouvernement, dénonçant une « déconnexion croissante » entre les discours officiels et les réalités vécues par les Congolais.
Filimbi évoque notamment la pauvreté, l’insécurité, le chômage, l’inflation ainsi que les difficultés d’accès aux services de base comme l’eau et l’électricité.
Le mouvement citoyen s’est également montré préoccupé par les déclarations du chef de l’État concernant ses propos tenus durant la campagne électorale de 2023 sur la situation sécuritaire avec le Rwanda.
Filimbi estime qu’un président ne peut gouverner « à coups d’improvisations, de slogans électoraux ou de justifications tardives ».
Par ailleurs, le mouvement remet en cause les conditions d’organisation du point de presse présidentiel, dénonçant une communication « filtrée et contrôlée » qui, selon lui, ne répond pas aux exigences de transparence démocratique.
Filimbi appelle enfin la jeunesse congolaise, les mouvements citoyens, les organisations de la société civile, les confessions religieuses et les forces démocratiques à rester « vigilants et mobilisés » face à toute tentative de confiscation du pouvoir.
Le mouvement conclut en réaffirmant son engagement en faveur du respect de la Constitution, de l’alternance démocratique et de l’organisation des élections dans les délais constitutionnels.
Franck YENGA
