Le mouvement citoyen Patriotisme Oblige est monté au créneau après la récente sortie médiatique du président Félix Tshisekedi du 6 mai dernier, dans un communique parvenu à la rédaction de la cloche du Congo ce vendredi 8 mai, dénonçant ce qu’il considère comme une volonté déguisée de modifier ou de changer la Constitution à des fins politiques.
Dans une déclaration au ton ferme, cette structure citoyenne met en garde contre toute initiative visant à engager un processus constitutionnel dans le contexte actuel que traverse la République démocratique du Congo.
Pour ce mouvement l’ouverture d’un débat sur la révision constitutionnelle intervient au pire moment pour le pays. Alors que dans l’Est de la RDC demeure confronté à l’insécurité persistante, à l’occupation de plusieurs localités par des groupes armés, aux déplacements massifs des populations et à une crise sociale grandissante, Patriotisme Oblige estime que les priorités nationales sont ailleurs.
« Le Congo n’a pas besoin d’une nouvelle crise politique entretenue par des ambitions personnelles de conservation du pouvoir », affirme le mouvement, qui appelle plutôt les autorités à se concentrer sur la paix, la sécurité, l’emploi des jeunes, la justice sociale et le renforcement de l’État de droit.
Dans son communiqué, le mouvement rappelle que la Constitution constitue « le socle de la démocratie congolaise » et ne peut être utilisée comme un instrument au service d’un individu ou d’un régime politique.
Il considère qu’un éventuel référendum dans un pays fragilisé par la guerre serait « politiquement dangereux et moralement inacceptable ».
Le mouvement citoyen insiste également sur le principe de l’alternance démocratique, estimant qu’aucun dirigeant n’est indispensable à la République.
Selon le mouvement patriotisme oblige, la grandeur d’un chef d’État se mesure à sa capacité de respecter les institutions et de garantir une transmission démocratique du pouvoir.
Patriotisme Oblige dit craindre une répétition des crises politiques ayant marqué l’histoire du pays, notamment les modifications constitutionnelles motivées par la volonté de conserver le pouvoir.
Le mouvement affirme que la jeune démocratie congolaise « ne survivra pas à une nouvelle tentative de confiscation du pouvoir ».
Dans ce contexte, l’organisation met en garde contre toute tentative de « passage en force » et prévient qu’une modification de la Constitution contre la volonté populaire pourrait provoquer une forte mobilisation citoyenne pour défendre l’ordre constitutionnel.
Le mouvement rappelle également que ni l’UDPS ni l’Union sacrée ne peuvent prétendre représenter à elles seules l’ensemble des Congolais, soulignant que la souveraineté appartient au peuple.
Il sied de noter Patriotisme Oblige appelle les institutions de la République à faire preuve de responsabilité historique, exhorte la jeunesse à rester vigilante et invite la société civile ainsi que les forces vives à s’opposer pacifiquement à toute dérive anticonstitutionnelle.
Le mouvement demande enfin à la communauté internationale de suivre de près l’évolution de la situation politique en RDC.
Franck YENGA
