Les organisations de la société civile Congo n'est pas à vendre (CNPAV) et AFREWATCH ont présenté, lundi 29 juin 2026, dans la salle de la paroisse Saint-Joseph à Kisangani, un rapport issu d'une étude menée entre 2020 et 2024 sur les disparités des rémunérations des agents publics en République démocratique du Congo.
La rencontre, animée par l'activiste pro-démocratie Lambert Bakonda, a réuni journalistes et acteurs de la société civile afin d'exposer les grandes lignes de cette enquête.
Le rapport souligne que, malgré les garanties constitutionnelles d'égalité et de rémunération équitable, de profondes inégalités persistent entre les agents publics. Les auteurs mettent en évidence d'importants écarts de salaires, de primes et d'avantages selon les institutions, parfois sans critères transparents, tout en donnant des cas d'illustration.
Ils dénoncent également l'opacité entourant les rémunérations de certaines hautes institutions de l'État ainsi que la multiplication de dépenses de fonctionnement, de fonds spéciaux et de frais de recherche peu traçables, au détriment des investissements sociaux comme la santé, l'éducation, l'eau et l'électricité.
Selon l'étude, ces disparités alimentent les frustrations, le clientélisme, le népotisme et les injustices sociales, tout en affaiblissant la cohésion de l'administration publique et la confiance des citoyens dans les institutions.
Pour remédier à cette situation, CNPAV et AFRE WATCH formulent plusieurs recommandations.
Au Président de la République, ces deux organisations préconisent de réduire les privilèges budgétaires, revoir le statut du cabinet présidentiel, diminuer le train de vie des institutions et réintégrer certains services dans les ministères afin de renforcer la bonne gouvernance.
Au Gouvernement, elles recommandent d'harmoniser les rémunérations, de créer un comité de régulation salariale, de plafonner les primes, de réduire les dépenses de fonctionnement des ministères, de publier régulièrement les données budgétaires et de limiter les avantages accordés aux mandataires publics.
Elles invitent également le Parlement à appliquer strictement la Loi relative aux finances publiques (LOFIP) et à réformer le système des primes sur la base de la performance et de l'équité.
Enfin, ces deux structures appellent les institutions de contrôle, notamment l'Inspection générale des finances et la Cour des comptes, à renforcer les audits et les contrôles des dépenses liées aux rémunérations et au fonctionnement des institutions publiques.
À travers cette étude, CNPAV et AFREWATCH estiment qu'une réforme profonde du système de rémunération est indispensable pour promouvoir la justice sociale, garantir une meilleure transparence dans la gestion des finances publiques et assurer une redistribution plus équitable des ressources de l'État.
Rédaction
