Les deux premières journées de la 2ᵉ édition du Forum Singa Mwambé, dédiées à une conférence sur l’entrepreneuriat agricole des femmes et des jeunes en contexte de changement climatique, se sont achevées ce vendredi 26 juin 2026 à la salle La Fourchette Boyomaise à Kisangani.
Organisées autour du thème central de la promotion d’une agriculture résiliente et inclusive, ces assises ont réuni plusieurs participantes venues de différents territoires de la province de la Tshopo, avec l’appui d'ENABEL.
À l’issue des travaux, Ir Nellas Bauma, membre de l’équipe organisatrice, s’est dite satisfaite des résultats obtenus. Elle estime que cette première phase a permis un renforcement significatif des capacités des participantes dans plusieurs domaines clés.
« Cette conférence a permis aux femmes de renforcer leurs compétences en agriculture, en entrepreneuriat, mais aussi en adaptation au changement climatique et en éducation financière. Nous avons appris comment mieux produire, mais aussi comment mieux vendre grâce aux outils numériques », a-t-elle déclaré.
La première journée a été consacrée aux effets du changement climatique sur l’agriculture et aux stratégies d’adaptation. Les participantes ont également été initiées à l’usage des outils numériques pour la commercialisation de leurs produits, une innovation jugée essentielle dans un contexte de concurrence accrue.
La deuxième journée a, quant à elle, mis l’accent sur l’accès au financement et l’éducation financière, deux défis majeurs pour les femmes entrepreneures du secteur agricole.
« Beaucoup de femmes n’accèdent pas facilement aux crédits parce qu’elles ne maîtrisent pas encore suffisamment les bases de la gestion financière. Aujourd’hui, elles comprennent qu’une activité bien structurée inspire confiance aux banques et aux partenaires financiers », a expliqué Ir Nellas Bauma.
Les participantes ont également salué l’impact de ces formations. Venue du territoire d’Opala, l’une d’elles a indiqué repartir avec des connaissances pratiques qu’elle entend partager dans sa communauté.
« Nous avons compris que l’agriculture peut devenir un véritable moteur de développement si nous travaillons de manière organisée et avec une vision entrepreneuriale », a-t-elle témoigné.
Au-delà des acquis immédiats, Ir Nellas Bauma a insisté sur la nécessité de transformer l’agriculture de subsistance en une agriculture orientée vers le marché, capable de générer de la valeur ajoutée.
« Nous devons développer un esprit entrepreneurial, produire davantage et viser des marchés plus larges. Pourquoi ne pas voir demain des produits estampillés “Made in Tshopo” ? », a-t-elle lancé avec optimisme.
Concernant les retombées attendues, elle reste prudente mais confiante, rappelant que le développement agricole s’inscrit dans la durée. « Le renforcement des capacités est une première étape. Si même une dizaine de participantes sur les 200 deviennent de véritables entrepreneures agricoles d’ici 2027, ce sera déjà un résultat très significatif », a-t-elle estimé.
Enfin, elle a annoncé la mise en place d’un mécanisme de suivi afin d’assurer la continuité des actions engagées. Celui-ci reposera sur un réseau de participantes issues des différents territoires de la Tshopo.
« Nous allons maintenir le contact avec les participantes et créer un réseau de relais dans les territoires pour suivre les initiatives. L’objectif est aussi de multiplier ce type de rencontres et de faciliter l’accès des agricultrices aux partenaires financiers », a-t-elle conclu.
Rédaction.
